Carrière :
Oliver Reed est un acteur qui aurait pu s'enfermer dans des rôles de méchants à la mine patibulaire. Sa balafre sur le visage et son physique de sportif le conduisent, au début de sa carrière, entamée en 1960 dans Le Serment de Robin des Bois
(Terence Fisher), à s'exprimer dans des films d'épouvante. C'est d'ailleurs l'un d'entre eux, La Nuit du loup-garou
(id., 1960), qui lui permet d'accéder à la notoriété. Joseph Losey emploie son allure inquiétante dans Les Damnés
(1961), où il campe le leader des teddy-boys, une bande de loubards. A partir de The System
(Michael Winner, 1963), l'acteur montre une certaine aisance dans un autre registre : il y incarne un photographe de plage. Désormais, Reed passe d'un rôle un autre : il est tour à tour trappeur (L'Aventure sauvage
, Sydney Hayers, 1966), criminel (Assassinats en tous genres
, Basil Dearden, 1968) et prisonnier évadé (L'Extraordinaire Evasion
, Michael Winner, 1968). Il collabore dans plusieurs réalisations de Ken Russell, dont Love
(1970) et Tommy
(1975), opéra-rock à succès. Son jeu multiple lui permet d'endosser toutes sortes de rôles, du mercenaire (The Ransom
, Richard Compton, 1977) au noble Athos, l'un des protagonistes du Retour des mousquetaires
(Richard Lester, 1988), en passant par un inquiétant docteur (Chromosome 3
, David Cronenberg, 1978) et le chef du KGB (Condorman
, Charles Jarrott, 1980). Avec Les Aventures du baron de Münchausen
(Terry Gilliam, 1987), il s'illustre dans l'un des rares rôles burlesques de sa carrière. En 1999, il devait interpréter un entraîneur de gladiateurs romains dans Gladiator
, une grosse production réalisée par Ridley Scott. Il succombe à une crise cardiaque pendant le tournage. Les scènes restantes de Reed ont dû être complétées en utilisant des techniques d'imagerie générée par ordinateur (CGI).