Hippolyte Girardot
Personnalité
Interprète, réalisateur, scénariste : années 1970-2020
Nationalité : France
Naissance : 10/10/1955 - France - Boulogne-Billancourt, Seine
Identité
Genre : homme
Pseudonyme(s) :
- Hippolyte
État civil :
- Frédéric Yves Ernest Girardot
Fonctions : Réalisateur, Acteur, Scénariste, Dessinateur
Biographie
Formation :
Hippolyte Girardot est diplômé de l'Ecole Nationale des Arts Décoratifs et se destine initialement à une carrière de dessinateur ou de directeur artistique au cinéma. Il accepte des petits rôles dans deux films de Yannick Bellon en 1973 puis 1981. Entre temps il réalise des cours métrages.Carrière :
Acteur caméléon du cinéma français, Hippolyte Girardot s’impose depuis les années 1980 par son jeu nuancé, capable d’osciller entre gravité et humour, et par son engagement à incarner des personnages complexes, souvent porteurs de messages sociaux forts.
C'est en 1982 qu'il prend réellement goût au métier de comédien, sur le tournage de Le destin de Juliette (Aline Issermann). Hippolyte Girardot prend de l'envergure et joue dans trois films dès 1983, dont Le bon plaisir (Francis Girod) qui lui apporte une certaine reconnaissance car il est nominé au César du Meilleur acteur. Tous ses premiers rôles sont ceux de jeunes hommes délicats, fragiles comme dans Manon des sources (Claude Berri, 1985) où il tient le rôle de l'instituteur amoureux d'Emmanuelle Béart. Son interprétation d'un jeune homme désabusé face à la jungle de notre société moderne dans Un monde sans pitié (1988), film culte d'Eric Rochant, lui permet d'accéder à la célébrité, et il est à nouveau nominé aux Césars. A travers ce personnage de " paumé " sans avenir, il devient le porte-parole de ceux qui ont vingt ans à la fin des années 1980. Même si, à ses débuts, il donne l'impression de toujours interpréter le même personnage, ses choix artistiques sont variés. Il choisit un rôle fortement dramatique dans le terrible Hors la vie (Maroun Bagdadi, 1991) où il incarne Roger Auque, journaliste français retenu en otage au Liban. Il peut aussi jouer des personnages loufoques comme dans Confessions d'un barjo (Jérôme Boivin, 1991) ou Vive la République (Eric Rochant, 1996). Sa grande sensibilité lui confère une aisance particulière dans les comédies sentimentales. Ainsi, il s'illustre dans Après l'amour (Diane Kurys, 1991) et dans Toxic Affair (Philomène Esposito, 1992) au côté d'Isabelle Adjani. Successivement drôle, attachant ou grave, Hippolyte Girardot surprend toujours par la finesse de son jeu et s'inscrit parmi la nouvelle génération d'acteurs français des années 1980 et 1990. Ses rôles des années 2000 suivent la même alternance de registres. En 2003 Arnaud Desplechin le dirige en homme d'affaire véreux et cynique dans le drame Rois et Reine. Pascale Ferran lui offre un grand rôle dans le drame Lady Chatterley (2005) puisqu'il interprète Clifford, l'époux malade de l'héroïne. Dans la comédie Où avais-je la tête ? (Nathalie Donini, 2006), Hippolyte Girardot est Paul-Vincent, un banquier vieux-garçon et sérieux qui va tomber amoureux de l'écervelée Agnès. Arnaud Desplechin fait encore appel à lui dans la comédie dramatique Un conte de Noël (2007) pour jouer le personnage de Claude, le mari d'Anne Consigny. Toujours en 2007, il est tête d'affiche du film d'Amos Gitai Plus tard, où il donne la réplique à Jeanne Moreau ; sur fond du procès de Klaus Barbie, le film évoque les rapports mère-fils. L'année suivante on retrouve le comédien en étrange médecin dans Le crime est notre affaire, la comédie policière de Pascal Thomas. Hippolyte Girardot passe derrière la caméra et co-réalise avec le Japonais Nobuhiro Suwa Yuki et Nina (2008), un film poétique et délicat, salué par la critique et le public, qui raconte la belle histoire d'une amitié entre deux petites filles et imagine l'univers onirique de l'enfance. La même année, il apparaît dans plusieurs films où il incarne des personnages complexes et souvent marginaux, poursuivant ainsi l'alternance entre comédie et drame qui caractérise son parcours. En 2010, il est à l'affiche de deux films chargés d'engagement politique : Les Mains en l'air (Romain Goupil, 2009) qui dénonce le fascisme italien projeté en 2067, et la comédie noire Dernier étage, gauche, gauche (Angelo Cianci, id.), où il interprète un huissier pris en otage dans un immeuble de banlieue. Ces choix témoignent de son attrait pour des scénarios porteurs de messages sociaux forts. Dans les années suivantes, Hippolyte Girardot multiplie les collaborations avec des réalisateurs de renom. En 2013, il figure dans la comédie dramatique Aimer, boire et chanter (2014) d'Alain Resnais, incarnant un personnage sensible dans cette réflexion sur les relations humaines et le chant choral. Trois ans après, il tient un rôle dans Les Fantômes d'Ismaël (2016) d'Arnaud Desplechin, où il incarne Zwy, un producteur de cinéma au cœur d’un récit mêlant vie personnelle et cinéma, d’une grande subtilité dramatique. La même année, il joue dans La Surface de réparation de Christophe Régin, où il interprète Yves dans cette histoire humaine autour du football amateur. Il revient à des rôles historiques dans Je ne rêve que de vous (2020) de Laurent Heynemann, où il incarne Léon Blum, ce qui témoigne de son aptitude à porter des personnages historiques et engagés. Toujours en 2020, dans la comédie policière La Daronne réalisée par Jean-Paul Salomé, il joue Philippe, participant à une intrigue mêlant humour et suspense autour du trafic de drogue. Son apparition dans The French Dispatch (2021) de Wes Anderson marque son entrée dans une production internationale d’envergure, où sa présence se fait discrète mais essentielle dans le tableau d’ensemble.