Sandrine Bonnaire

Personnalité

Interprète, réalisatrice, scénariste : années 1980-2020

Nationalité :  France

Naissance :  31/05/1967 - France - Gannat, Allier

Identité

Genre : femme

Fonctions : Réalisateur, Acteur, Scénariste, Dialoguiste, Directeur de la photographie/Chef opérateur, Auteur, Auteur secondaire, Auteur primaire

Biographie

Formation :

Sandrine Bonnaire prépare un CAP d'apprentie coiffeuse quand le père d'une de ses amies lui propose un rôle de figurante dans La Boum (1980) de Claude Pinoteau. Elle qui ne rêve que de cinéma renouvelle l'expérience pour Les Sous-doués en vacances (1982) de Claude Zidi.

Carrière :

Sandrine Bonnaire, actrice française emblématique, a marqué le cinéma par son jeu instinctif et authentique. Révélée par Maurice Pialat et consacrée par Agnès Varda, elle a remporté deux César et s'est imposée comme une figure incontournable du 7e art français.
Sandrine Bonnaire répond à une annonce du journal France-Soir et rencontre Maurice Pialat qui lui offre le rôle de Suzanne, l'adolescente crispée, dure et tendre d'A nos amours (1983). C'est une révélation : Sandrine Bonnaire, dénuée de formation dramatique, joue totalement à l'instinct et décroche le César du meilleur jeune espoir féminin. Elle enchaîne alors les films (Tir à vue, 1984, de Marc Angelo ; Blanche et Marie, 1984, de Jacques Renard ; Le Meilleur de la vie, 1985, de Renaud Victor) puis rencontre Agnès Varda. La réalisatrice sait tirer le meilleur de l'actrice et lui offre l'occasion de montrer la diversité de son talent avec le rôle de Mona, la jeune vagabonde de Sans toit ni loi (1985). Résultat : le César de la meilleure actrice. Ressemblant en quelques points à l'héroïne du film d'Agnès Varda, Sandrine Bonnaire est une actrice à part, inclassable. Tout au long de sa carrière, elle garde la simplicité et l'enthousiasme de l'adolescente rebelle d'A nos amours. Sandrine Bonnaire enrichit son jeu à chaque nouvelle aventure, à l'instar de Gérard Depardieu, son partenaire dans Sous le soleil de Satan, le film qui marque ses grandes retrouvailles avec Maurice Pialat en 1986, après une apparition dans Police (1985). Elle y est la Mouchette inventée par Georges Bernanos, âme en peine qu'un prêtre tentera en vain de sauver. Malgré son sourire lumineux, c'est bien du côté de la gravité que les cinéastes voient Sandrine Bonnaire, que ce soit Jacques Doillon (La Puritaine, 1986), André Téchiné (Les Innocents, 1987) ou Patrice Leconte (Monsieur Hire, 1989). Seul Claude Sautet lui permet de donner libre-cours à une certaine fantaisie dans le rôle de la bonne dont s'éprend l'héritier d'une chaîne de supermarchés (Daniel Auteuil) dans Quelques jours avec moi (1988). Après une carrière commencée en fanfare, le désir d'austérité la guide vers Raymond Depardon : La Captive du désert (1990) marque une nouvelle étape dans sa carrière. En acceptant cet emprisonnement volontaire dans le sable africain, Sandrine Bonnaire démontre sa capacité à aller jusqu'au bout de ses rôles. Indépendante avant tout, elle ne s'enferme dans aucun genre et, entre ces films d'auteurs confirmés, elle choisit de tourner avec de jeunes réalisateurs : Olivier Langlois pour Jaune révolver (1987), Patricia Mazuy pour Peaux de vaches (1988) ou Michel Bena pour Le Ciel de Paris (1991). Elle tente aussi l'aventure internationale, travaillant en Italie pour Francisca Archibugi (Dans la soirée, 1990) ou participant à des coproductions comme l'adaptation de La Peste (1991) de Camus par l'Argentin Luis Puenzo : elle y partage la vedette avec William Hurt qui devient son compagnon. Ils travailleront à nouveau ensemble sur Confidences à un inconnu (Georges Bardawil, 1995). C'est toutefois en France, auprès de grands réalisateurs, qu'elle obtient ses plus beaux rôles et tourne ses films les plus marquants. Elle est ainsi une Jeanne d'Arc bien plus humaine que mystique dans les deux volets du Jeanne la pucelle (1993) de Jacques Rivette, avant d'incarner la servante analphabète, révoltée et criminelle de La Cérémonie (1995) de Claude Chabrol, film pour lequel elle partage avec sa partenaire, Isabelle Huppert, le Prix d'interprétation de la Mostra de Venise. Fidèle à ces deux cinéastes, elle tourne le drame criminel Secret défense (1998) pour le premier et le très noir Au coeur du mensonge (1999) pour le second. Souvent cataloguée actrice intellectuelle, elle s'oriente vers un cinéma plus populaire avec Est-Ouest (1999), drame historique à grand spectacle de Régis Wargnier situé dans l'URSS de Staline. Mais c'est surtout sa rencontre avec Philippe Lioret qui change son image et lui apporte une popularité inédite grâce au succès de Mademoiselle (2001), une délicate comédie sentimentale dans laquelle elle se laisse séduire par Jacques Gamblin. Le réalisateur et l'actrice se retrouvent avec le même bonheur pour L'Equipier (2004), drame situé sur une île bretonne. La même année, Patrice Leconte fait à nouveau appel à elle pour le rôle de l'épouse confiant ses problèmes de couple à un Fabrice Luchini qu'elle prend pour un psychiatre dans Confidences trop intimes (2004), erreur qui va bouleverser sa vie. Elle se risque à la comédie avec Je crois que je l'aime (Pierre Jolivet, 2007) avant d'incarner avec beaucoup de subtilité Félicité, la servante au grand coeur d'Un oeur simple (Marion Laine, 2008) d'après Flaubert. En retrait face à Catherine Frot dans le thriller psychologique L'Empreinte de l'ange (Saffy Nebout, 2008), elle brille en femme de ménage se découvrant un don pour les échecs dans Joueuse (Caroline Bottaro, 2009). Elle partage en 2014 avec Johnny Hallyday et Eddy Mitchell l'affiche du film de Claude Lelouch, Salaud on t'aime. Toujours en 2014, elle incarne une femme en quête de liberté dans La Dernière leçon de Pascale Pouzadoux. En 2017, elle apparaît dans Prendre le large (2016) de Gaël Morel, où elle joue une ouvrière qui décide de tout quitter pour travailler au Maroc. En 2018, Sandrine Bonnaire interprète une mère dépressive dans K contraire (2017) de Sarah Marx, un drame social où elle tient le rôle secondaire. En 2019, l'actrice participe au film choral Voir le jour de Marion Laine, où elle joue aux côtés de Karin Viard et Brigitte Roüan. Elle poursuit son parcours avec Trois jours et une vie (2019) de Nicolas Boukhrief, un drame sur la disparition d’un enfant d’après un best-seller de Pierre Lemaitre. L’année suivante, elle joue Sandrine Massaro, amoureuse de Gérard Prat (Gérard Darmon), dans la comédie romantique de Claude Lelouch L’Amour c’est mieux que la vie. Sandrine Bonnaire retrouve Lelouch en 2024, cette fois-ci en demi-sœur de Kad Mehad, avec Finalement. Après un second-rôle en 2023 dans le drame social Comme un louve de Caroline Glorion, elle apparait au côté de Virginie Ledoyen et Paul Hamy dans le thriller fantastique Le Mangeur d’âmes (Julien Maury et Alexandre Bustillo, 2024).
En 2007, Sandrine Bonnaire est passée à la réalisation en signant un documentaire consacré à sa sœur autiste, Elle s'appelle Sabine puis a mis en scène sa première fiction, J'enrage de son absence (2012), drame familial porté par Alexandra Lamy et William Hurt.

Autres activités :

Sandrine Bonnaire fait ses débuts sur les planches à vingt-deux ans dans une pièce de Berthold Brecht, La Bonne Ame du Setchouan (1990) sous la direction de Bernard Sobel. A la télévision , elle interprète la chirurgienne dévouée de la série Une femme en blanc (Aline Issermann, 1996) et de sa suite, La Maison des enfants (2003). Elle est la mère de la jeune avortée au centre du Procès de Bobigny (François Luciani, 2006) et incarne une autre mère, se libérant de ses contraintes familiales, dans La Balade de Lucie (Sandrine Ray, 2013). Elle a aussi interprété la journaliste enquêtant sur un tueur de l'île de la Réunion dans la série Signature (2011).

Bibliographie éditoriale

  • Ouvrage : Des étoiles sont nées : les nouveaux acteurs du cinéma français : 60 portraits-entretiens / Isabelle Danel.- Paris : P. Lherminier, 1986
  • Ouvrage : Le roman d'un tournage : Jeanne la Pucelle / Sandrine Bonnaire.- Paris : JCLattès, 1994
  • Ouvrage : Stars d'aujourd'hui n° 2 : Jean-Hugues Anglade, Sandrine Bonnaire, Michel Boujenah, Wadeck Stanczak, Zabou / Mara Villiers ; Gilles Gressard.- Paris : Ramsay, 1986
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 407/408, mai 1988
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 476, février 1994
  • Périodique : Première, n° 105, décembre 1985
  • Périodique : Première, n° 136, juillet 1988
  • Périodique : Première, n° 158, mai 1990
  • Périodique : Revue du Cinéma (La) / Image et Son, n° 479, février 1992
  • Périodique : Studio Magazine, n° 102, septembre 1995
  • Périodique : Studio Magazine, n° 83, février 1994
  • Site Internet : Filmographie, biographie et interview

Récompenses et nominations

  • 1995 - Coupe Volpi de la meilleure actrice - Mostra Internazionale d'Arte Cinematografica (Venezia) - La cérémonie - Obtenu
  • 1986 - Meilleure interprétation féminine - Los Angeles Film Critics Association Awards - Sans toit ni loi - Obtenu
  • 1985 - Meilleure interprétation féminine - César du Cinéma Français - Sans toit ni loi - Obtenu
  • 1984 - Meilleur espoir féminin - César du Cinéma Français - A nos amours - Obtenu

Liens familiaux