Orry-Kelly

Personnalité

Créateur des costumes, costumier : années 1930-1960

Nationalité :  Australie

Naissance :  31/12/1897 - Australie - Kiama, Nouvelle-Galles du Sud, Australie

Décès :  27/02/1964 - Etats-Unis - Hollywood, Los Angeles, Californie, États-Unis

Identité

Genre : homme

Naturalisation : Etats-Unis

Pseudonyme(s) :

  • Orry Kelly

État civil :

  • Orry George Kelly

Fonctions : Créateur des costumes, Auteur

Biographie

Formation :

Orry-Kelly étudie le théâtre et la peinture à Sydney. Peu convaincant sur les planches, il gagne finalement les Etats-Unis en 1921 sur les conseils d'une femme d'affaire locales. Orry-Kelly commence par dessiner des costumes pour Broadway de 1927 à 1931. Il devient assistant décorateur et costumier sur des films muets produits par la Fox, avant de suivre son ami le futur acteur Cary Grant à Hollywood où il est remarqué par la Warner Bros et par l'actrice Bette Davis.

Carrière :

Chef-Costumier emblématique de la Warner Bros, artisan incontournable du glamour hollywoodien, Orry-Kelly a dessiné robes et costumes pour plus de 300 films entre 1932 et 1963. Une carrière couronnée par 3 Oscars.
Orry-Kelly habille les grandes stars de Warner Bros parmi lesquelles Kay Francis (élue grâce à ses créations " l'actrice la mieux habillée de 1936 " par la Rockfeller Center Fashion Academy de New York), Joan Blondell, Ann Sheridan, Barbara Stanwick, Loretta Young, Ann Dvorak, Dolores Del Rio ou Ginger Rogers. Il est surtout le costumier attitré de Bette Davis, " première dame " de la Warner et " femme la plus élégante d'Amérique " en 1938. De The Rich are always with us (1932) à The Star (1952) en passant par The Private Lives of Elizabeth and Essex en 1933 (dont une robe est conservée à la Cinémathèque française), Jezebel (1937), The Old Maid (1939), Now Voyager (1942), la collaboration Kelly-Davies s'étend sur 46 films en vingt ans. La griffe Orry-Kelly est de même associée aux plus grands réalisateurs d'Hollywood : Michael Curtiz, Lloyd Bacon, Mervyn LeRoy, Alfred E. Green, William A. Wellman, William Dieterle, Archie Mayo, Howard Hawks, Roy Del Ruth, Robert Florey ou Ray Enright. Le créateur de costumes explore tous les genres cinématographiques alors en vogue, avec une prédilection pour le western (The Oklahoma Kid , 1938) le film historique (Madame du Barry , 1934), la comédie musicale (Stage Truck , 1936) et le Film Noir (Twenty Thousand Years in Sing Sing , 1932). Le film de Curtis Bernhardt A Stolen life (1945), avec Bette Davis dans le rôle-titre, signe la fin du contrat d'exclusivité qui unit la Warner Bros à son chef-costumier. Il retrouve cependant le studio de façon épisodique entre 1949 et 1962. A presque 50 ans, Orry-Kelly se voit contraint de travailler pour de multiples sociétés de production et retrouve parfois d'anciennes actrices Warner (Claudette Colbert, Barbara Stanwyck, Ida Lupino ou Merle Oberon). De nouvelles silhouettes s'offrent néanmoins à son talent. Un contrat de trois ans avec la 20th Century Fox lui permet d'habiller l'incarnation de la pinup américaine Betty Grable (The Dolly Sisters , 1945). Pour Universal Pictures, Orry-Kelly drape Ava Gardner en déesse de l'amour (One Touch of Venus en 1948) et fait de Shelley Winters (Johnny Stool Pigeon , 1949) une héroïne des Film Noir de série B. En 1946, il rejoint même les studios anglais de la Rank Organisation pour une unique expérience internationale : London Town . S'il retrouve pour une dernière fois Bette Davis en 1952 sur le tournage de The Star (Stuart Heisler) et Rosalind Russell (autre actrice de sa première période Warner), les années 1950 le confrontent à une nouvelle génération d'actrices parmi lesquelles Shirley MacLaine, Natalie Wood ou Jane Fonda. Orry-Kelly, qui avait imposé sa marque dans les années 1930 grâce aux comédies musicales (42e rue , Chercheuses d'or , Dames , Casino de Paris , Colleen ), renoue 20 ans plus tard avec un genre profondément modernisé dans lequel le Technicolor vient sublimer ses costumes pour Leslie Caron (Un Américain à Paris , 1950), Gloria Graham (Oklahoma , 1955), Mitzi Gaynor (Les Girls (1957), Natalie Wood (Gypsy , 1962) ou Shirley MacLaine (Irma la douce , id.).
Les premières réalisations d'Orry-Kelly sont dans une ligne sophistiquée et géométrique dans l'esprit "Art déco". Dans le film Havana Widows (1933), Glenda Farrell arbore une robe noire pourvue d'un col triangulaire blanc coordonné à des gants de forme trapézoïdale et un bibi tout aussi stylisé ; pour Mandalay (1934), Orry-Kelly conçoit pour Kay Francis une robe fourreau pailletée agrémentée d'un long boa blanc. Les années 1940 laissent apparaître des coupes beaucoup plus simples, plus sobres mais tout aussi élégantes. Pour The Maltese Falcon (1941), Mary Astor porte une robe au col croisé, manches bouffantes, épaulettes carrées et fleur à la poitrine ; dans Casablanca (Michael Curtiz, 1942), Ingrid Bergman joue les séductrices en jupe tailleur ou robe d'été à manches rayées. Pour le même film, Orry-Kelly crée pour Humphrey Bogart l'une des plus célèbres silhouettes du Film Noir américain : Fedora de feutre nonchalamment vissé sur le crâne et trench-coat clair. Après-guerre, le public plébiscite gaieté, légèreté et insouciance. Musiques, chants, danses, couleurs et scope invitent les costumiers à plus de liberté et de frivolité. Enrôlé par la MGM, Orry-Kelly transforme pour An American in Paris (1950) Leslie Caron en beatnik avec corsaire, pull et béret noir mais aussi des robes de ballet orangée et violette. Il imagine pour Les Girls (1957) guêpières de couleur et robes Marie-Antoinette . La notoriété de Some like it hot/ (1958) doit beaucoup à Orry-Kelly. Pour ce film musical en noir et blanc, le créateur de costume enveloppe Marilyn Monroe de robes moulantes associant allègrement transparence, franges et sequins. Tout en sublimant les courbes de Marilyn, il travestit le duo Jack Lemon - Tony Curtis en flappers des Années Folles avec un vestiaire de robes Charleston et de tailleurs dignes de Jean Patou et Coco Chanel.
Pour le costumier australien, cette dernière décennie est un véritable triomphe. Son travail sur An American in Paris , Les Girls et Some Like It Hot est récompensé par 3 Oscars (respectivement en 1952, 1958 et 1960). C'est le producteur Jack L. Warner qui lit son éloge funèbre en 1964. Reconnu par ses pairs, Orry-Kelly est honoré par la Costume Designers Guild en 2000.
L'Australie, son pays natal, lui a consacré de nombreuses expositions, des biographies ainsi que le film documentaire Women he's Undressed en 2015.

Autres activités :

De Paclocks of 1927 (1927) à Scarlet Sister Mary (1930), Orry-Kelly habille 9 spectacles de Broadway, dont le "musical" The Street Singer produit et dirigé par Busby Berkeley en 1929. Ce dernier fait de nouveau appel à son talent de costumier à Hollywood pour 18 longs métrages. Orry-Kelly retrouve la scène au début des années 1960 pour la pièce The World of Carl Sandburg (1960) avec Bette Davis et la comédie musicale Show Girl (1961).
En 1958, Orry-Kelly dessine les costumes de Rosalind Russell pour la comédie musicale télévisée Wonderfull town de Mel Ferber et Herbert Ross.
En dehors du grand écran, Orry-Kelly habille de nombreuses actrices notamment Carole Lombard, Jean Harlow, Marlene Dietrich, Hedy Lamarr ainsi qu'Ann Warner, épouse du producteur Jack L. Warner. Il popularise la mode de la robe-bustier, dont les modèles sont directement inspirés de celle portée par Bette Davis pour le film Jezebel (1937).

Filmographie

Courts métrages

Créateur des costumes

Longs métrages

Créateur des costumes

Bibliographie éditoriale

  • Ouvrage : Cinéma et mode / Joëlle Moulin. - Paris : Citadelles et Mazenod, 2016
  • Ouvrage : Creating the illusion : a fashionable history of Hollywood costume designers / Jay Jorgensen ; Donald L. Scoggins. - Philadelphia : Running Press, 2015
  • Ouvrage : Hollywood sketchbook : a century of costume illustration / Deborah Nadoolman Landis. - New York : Harper Design, 2012
  • Ouvrage : Orry Kelly, Miss Weston's Protégé / Robert Parkinson. - Sydney : Ventura Press ; Impact Press, 2015
  • Ouvrage : Women I've undressed / Orry-Kelly. - London : Allen and Unwin, 2016
  • Périodique : Films and Filming, n° 351, décembre 1983. B. Gibb, "Costume design in films : Orry-Kelly"
  • Périodique : Metro : Media and Education Magazine, n° 187, été 2016. Mel Campbell, "Beautiful women and no mirrors : Gillian Armstrong's Women he's undressed"
  • Site Internet : "Gillian Armstrong on her Orry-Kelly film : friendship, fame and homophobia", entretien réalisé par Alexandra Spring. Article en ligne publié dans le quotidien The Guardian. - en anglais
  • Site Internet : "Orry Kelly - Women He's Undressed (2015)". Article publié sur le site Strictly Vintage Hollywood. - en anglais
  • Site Internet : "Orry-Kelly : Women he’s undressed", article publié par Christian Esquevin sur le blog Silver Screen Modes. - en anglais
  • Site Internet : "Uncovering Orry-Kelly" par l'ACMI - Australia's National Museum of Screen Culture
  • Site Internet : "Women He’s Undressed review : Orry-Kelly, an unsung Oscar-winning hero", article sur le docuemntaire de Gillian Armstrong publié dans The Guardian. - en angalis
  • Site Internet : Bande-annonce du film "Women he's Undressed"

Récompenses et nominations

  • 2000 - Prix pour l'ensemble de la carrière - CDG Award - Costume Designers Guild Awards - Obtenu
  • 1960 - Meilleurs costumes - AMPAS - Academy of Motion Picture Arts and Sciences - Some Like It Hot, Billy Wilder, 1958 - Obtenu
  • 1958 - Meilleurs costumes - AMPAS - Academy of Motion Picture Arts and Sciences - Les Girls, George Cukor, 1957 - Obtenu
  • 1952 - Meilleurs costumes - AMPAS - Academy of Motion Picture Arts and Sciences - An American in Paris, Vincente Minnelli, 1950 - Obtenu

Collections liées