Jean-Philippe Écoffey

Personnalité

Interprète, réalisateur, scénariste : années 1980-2020

Nationalité :  Suisse

Naissance :  08/07/1959 - Suisse - Lausanne, Vaud

Identité

Genre : homme

Fonctions : Acteur, Réalisateur, Scénariste

Biographie

Formation :

Issu d'une famille paysanne, Jean-Philippe Ecoffey obtient son baccalauréat et suit des études de lettres à Lausanne. En 1982, il prend des cours au Conservatoire d'art dramatique de Genève. Après un bref passage au Conservatoire de Paris, il entre à l'Ecole des Amandiers de Nanterre, dirigée par Patrick Chéreau.

Carrière :

Figure du cinéma d’auteur européen, Jean-Philippe Ecoffey s’est imposé par ses rôles de marginaux tourmentés et de seconds rôles marquants, révélant une intensité singulière dans des films comme L’Effrontée, La Reine Margot ou Ma vie en rose, et a été nommé à deux reprises au César du Meilleur espoir masculin.
Jean-Philippe Ecoffey est un rebelle qui, lorsqu'il n'explose pas, se cherche des fêlures. Déjà initié par Alain Tanner au mystère de sa deuxième personnalité dès son premier rôle à l'écran (No man's land (1984), il prête volontiers ses doutes et ses contradictions au jeune routier que l'héroïne finit par assommer dans L'Effrontée (Claude Miller, 1985) pour échapper à ses transports. C'est ce rôle court qui le révèle, non sans mérite face à une Charlotte Gainsbourg extraordinaire de présence. Gardien de nuit (Jean-Pierre Limosin, 1985) reflète la même quête d'identité à travers la double vie d'un homme : flic la nuit, délinquant le jour. Sa tentation de l'acte gratuit traduit bien la démarche d'un comédien qui, à défaut de gestes sûrs, transcende son imprécision à l'aide de coups d'éclat. Sa formation se poursuit en passant par des films austères et intimistes, signés Benoît Jacquot, Olivier Assayas ou Alain Tanner. En 1987, l'adaptation d'Andrzej Wajda des Possédés de Dostoievski, lui offre une belle occasion d'exprimer sa violence en composant un nihiliste habité par la haine. Expérience forte, trop forte peut-être pour Ecoffey qui déclare qu’"exposer tout c'est se fragiliser". Puis les années 1990 voient l'image de l'acteur s'affermir et conquérir un plus large public. Dans La Reine Margot (Patrice Chéreau, 1993), il impose un Condé de belle stature, chef de la Ligue catholique. L'étendue de ses possibilités s'accroît ensuite avec Mina Tannenbaum (Martine Dugowson, 1993) où il paraît moins noir que d'habitude, puis L'Appartement (Gilles Mimouni, 1995) aux côtés de Vincent Cassel. En juin-juillet 1997, les sorties simultanées des films Ma vie en rose (Alain Berliner, 96), Le Ciel est à nous (Graham Guit, 1996) et Portraits chinois (Martine Dugowson, 1995) signalent Jean-Philippe Ecoffey par trois performances très différentes, père de famille découvrant que son petit garçon veut être une fille, dangereux dealer et scénariste aux amours fragiles. Charles Matton lui donne ensuite dans Rembrandt (1999) le rôle de Jan Six, collectionneur d'art et ami du peintre. Après un rôle de gangster dans le polar Des chiens dans la neige (Michel Welterlin, 2001), il retrouve la réalisatrice Martine Dugowson pour le drame Les Fantômes de Louba (2001) puis fait une brève apparition dans Dirty Pretty Things de Stephen Frears (2002). Entraîneur de snowboard dans le film d'action Snowboarder (Olias Barco, 2003), il incarne le père du jeune héros de Moi César, 10 ans 1/2, 1m39 (Richard Berry, 2003) et celui, alcoolique, de l'apprenti judoka de Douches froides (Antony Cordier, 2005). Si les rôles se font ensuite plus rares et moins conséquents, Jean-Philippe Ecoffey réussit pourtant régulièrement à tirer son épingle du jeu, notamment en grand avocat sulfureux dans Commis d'office (Hannelore Cayre, 2009). Il s’impose dans Mères et filles (Julie Lopes-Curval, 2008), retrouvant l’intimité des drames familiaux, puis dans Contre toi (Lola Doillon, 2009), où il incarne un policier, silhouette en tension dans un huis clos psychologique. L’acteur se glisse ensuite dans l’univers de Thierry Binisti avec Une bouteille à la mer (2010), récit sensible sur le dialogue entre deux mondes, confirmant sa capacité à s’effacer derrière ses personnages pour mieux en révéler la fragilité. Les années suivantes le voient s’aventurer dans des films d’auteur et des productions plus confidentielles, où il cultive la justesse de l’ombre plutôt que l’éclat du premier plan. Toujours en quête de rôles qui interrogent l’identité et la part obscure de l’humain, il apparaît dans La Belle vie (Jean Denizot, 2012), chronique douce-amère où il incarne un père fuyant, tout en retenue et en pudeur. En 2015, il retrouve le polar avec Moka (Frédéric Mermoud), endossant le rôle d’un détective, figure de l’ombre dans un film où la vengeance se heurte à l’ambivalence des sentiments.

Autres activités :

Au théâtre, Jean-Philippe Ecoffey joue Les Troyennes , La Passion selon Pier Paolo Pasolini , Macbeth , Quai Ouest , La Mouette , Le Pain dur , Quartett . Il remporte un grand succès personnel pour son interprétation d'Ubu Roi en 2010. A la télévision, il interprète Moi, Général de Gaulle (Denys Granier-Deferre, 1990), Les Démoniaques (Pierre Koralnik, 1991), L'Homme de la maison (Pierre Lary, 1992), Goupi Mains-Rouges (Claude Goretta, 1993), Un si bel orage (Jean-Daniel Verhaeghe, 1994), L'Affaire Kergalen (Laurent Jaoui, 2001), L'Ami Fritz (Jean-Louis Lorenzi, 2001) ou la série d'aventures Rani (2011).

Bibliographie éditoriale

  • Ouvrage : Des étoiles sont nées : les nouveaux acteurs du cinéma français : 60 portraits-entretiens / Isabelle Danel.- Paris : P. Lherminier, 1986
  • Périodique : Première, n° 131, février 1988
  • Périodique : Première, n° 244, juillet 1997