Mireille Perrier

Personnalité

Interprète : années 1980-2020

Nationalité :  France

Naissance :  14/11/1959 - France - Blois, Loir-et-Cher

Identité

Genre : femme

Fonctions : Acteur

Biographie

Formation :

Mireille Perrier commence par étudier l'art dramatique à Blois dans la compagnie du Hasard de Nicolas Peskine. Elle monte ensuite à Paris où elle s'inscrit au cours de Robert Corbier. Entourée de passionnés de cinéma, elle décroche un rôle dans un court-métrage, puis le petit rôle de Sonia, chef d'une bande de voyous, dans La Bête noire (1982) de Patrick Chaput. Lors d'un dîner, elle fait la rencontre décisive de Leos Carax.

Carrière :

Mireille Perrier, muse des cinéastes d’auteur et figure discrète mais essentielle du cinéma français, incarne depuis Boy Meets Girl (1984) une élégance mélancolique et une exigence artistique rare. Son parcours, jalonné de collaborations avec Leos Carax, Claire Denis ou Radu Mihaileanu, en fait une actrice culte, toujours à l’affût de rôles audacieux et de réalisateurs visionnaires.
L'égérie fragile et vibrante du premier film de Leos Carax n'a cessé tout au long de sa carrière de fréquenter le cinéma d'auteur. Mireille Perrier est révélée au public grâce à Leos Carax qui lui propose le rôle principal de son premier long métrage, Boy Meets Girl (1984). Dans le noir et blanc de ce film générationnel, elle incarne face à Denis Lavant le spleen de Mireille, amoureuse désespérée. Par fidélité, Carax lui confie deux ans plus tard un petit rôle dans Mauvais sang (1986) Elle rejoint ensuite, dans un rôle de comédienne sans scénario, l'univers de Philippe Garrel pour Elle a passé tant d'heures sous les sunlights (1984). Ils tourneront à nouveau ensemble J'entends plus la guitare (1991). Toujours fidèle au cinéma d'auteur, elle s'illustre en Allemagne sous la direction de Michel Kaptur et Monique Dartunne : elle incarne Edith, la jeune française venue monter le film de son amie dans High Speed (1985). Tandis qu'Alain Bergala en fait la vedette de Où que tu sois (1987). Claire Denis lui offre ensuite le rôle principal, son double, dans son premier film très autobiographique, Chocolat (1988), souvenirs de son enfance en Afrique. Elle incarne ensuite la jeune normalienne sûre de son avenir, tombée amoureuse d'un traînard dans le premier film d'Eric Rochant, Un monde sans pitié (1988) qui obtient un gros succès. Mireille Perrier aime construire ses personnages en complicité avec le metteur en scène et avoue se nourrir de l'ambiance des plateaux pour enrichir ses interprétations. Après une de ses rares embardées dans le cinéma grand public (le polar Netchaëv est de retour, Jacques Deray, 1991), elle participe à Toto le héros (1991) du Belge Jaco Van Dormael et séduit, en élève de danse espagnole, le narrateur de La Sévillane (1991), seconde réalisation burlesque et tendre du romancier Jean-Philippe Toussaint qu'elle retrouvera pour le tout aussi singulier La Patinoire en 1998 où elle incarne l'assistante en patins à glace du metteur en scène de cette drôle d'histoire de film en tournage. Mère confrontée à la découverte des abus de son mari sur leur petite fille dans l'intense L'Ombre du doute (Aline Issermann, 1993), elle confirme son statut d'icône du cinéma d'auteur en participant à des films israéliens (Golem, l'esprit de l'exil, Amos Gitaï, 1992), portugais (Tres irmaos, Teresa Villaverde, 1994) ou au premier essai très politique du cinéaste français d'origine roumaine Radu Mihaileanu, Trahir (1993). Si sa carrière ralentit ensuite, Mireille Perrier trouve encore de beaux rôles à la fin de la décennie comme celui de patronne d'un bistrot breton dans Le Comptoir (Sophie Tatischeff, 1998) ou celui de la femme séduisant un ami de son fils dans Un dérangement considérable (Bernard Stora, 1999). Elle se fait ensuite très rare, apparaissant à Auschwitz dans le bouleversant La Petite Prairie aux bouleaux (2003) de Marceline Loridan-Ivens, campant une contrôleuse de chemins de fer dans le radical Les Mains vides (2003) de Marc Recha, se glissant parmi les lecteurs de la méditation de Vincent Dieutre autour du jansénisme qu'est Fragments sur la grâce (2006), elle est aussi une des passagères en transit d'Orly (2010) de la jeune réalisatrice allemande Angela Schanelec. Plus discrète que jamais, elle illumine un instant de son charme gracile le premier film de Judith Godrèche (Toutes les filles pleurent, 2010) et fait preuve d'une force inattendue en flic dans le thriller A bout portant (Fred Cavayé, 2010). En 2013, elle apparaît dans Qu’Allah bénisse la France (Abd Al Malik), où elle campe une professeure de musique, et dans Nos femmes (Richard Berry, 2014), comédie dramatique où elle joue une femme confrontée aux aléas de la vie conjugale, puis se glisse dans la peau d’une pédopsychiatre énigmatique pour Dans la forêt (Gilles Marchand, 2015), où son interprétation subtile renforce l’atmosphère angoissante du film. Son goût pour les projets intimistes et littéraires la mène vers des courts métrages comme Seul le feu (Christophe Pellet, 2013) ou Les Yeux brûlés (Laurent Roth, 2014), où elle explore des personnages en marge, souvent habités par une mélancolie tenace. En 2019, elle se révèle particulièrement touchante dans Tout ce qu’il me reste de la révolution (Judith Davis, 2017), où elle incarne une femme en quête de sens, et dans Camille (Boris Lojkine, 2018), où elle donne vie à une mère fragile face à la maladie de sa fille. En 2022, elle rejoint le casting de Les Enfants des autres de Rebecca Zlotowski, confirmant son talent pour les rôles de femmes matures, à la fois fortes et vulnérables. En 2025, Mireille Perrier surprend encore en incarnant la mère de Meursault dans L’Étranger (François Ozon), adaptation ambitieuse du roman de Camus, et en prêtant ses traits à une femme mystérieuse dans Différente (Lola Doillon), où elle confirme son statut d’actrice incontournable du cinéma d’auteur.

Autres activités :

De formation théâtrale, Mireille Perrier a participé en 1984 au Festival d'Avignon en mettant en scène Les Burgraves de Victor Hugo. Dans les années 1990, elle interprété quelques classiques (Shakespeare, Marivaux, Claudel, Gorki) mais surtout des auteurs contemporains, de Jean-Luc Lagarce (J'étais dans ma maison et j'attendais que la pluie vienne , 2004) que Yasmina Reza (Conversations après un enterrement , 2006), Henry Bauchau que Patrick Chamoiseau. Elle a été dirigée par Laurent Pelly, Philippe Ogouz, Joël Jouanneau mais aussi Amos Gitaï. Elle a elle-même mis en scène et interprété Anna Politovskaïa : non rééducable (2009) de Stefano Massini, et a co-écrit (avec Jean Ziegler), mis en scène et interprété J'habite une blessure sacrée (2012). Pour la télévision, elle joue notamment dans Jeux d'enfants (Michel Léviant, 1993), Dancing nuage (Irène Jouanet, 1995), Les Petites Mains (Lou Jeunet, 2001), L'Année des grandes filles (Jacques Renard, 2002), La Surprise (Alain Tasma, 2007), Fracture (Alain Tasma, 2010). Elle est aussi apparue dans des épisodes des séries La Kiné (2002) et La Crim' (2004). En 1990-1991, elle préside la commission court-métrage du CNC.

Filmographie

Bibliographie éditoriale

  • Ouvrage : Des étoiles sont nées : les nouveaux acteurs du cinéma français : 60 portraits-entretiens / Isabelle Danel.- Paris : P. Lherminier, 1986
  • Périodique : 24 images, n° 54, printemps 1991
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 369, mars 1985
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 376, octobre 1985
  • Périodique : Cinéma, n° 419, décembre 1987
  • Périodique : Mensuel du Cinéma (Le), n° 10, octobre 1993

Récompenses et nominations

  • 1991 - Meilleure interprétation féminine - Festival International du Film de Flandre (Gand) - Toto le héros - Obtenu

Collections liées