Carrière :
Karin Viard est remarquée grâce à deux petits rôles au cinéma. L'esthéticienne de Tatie Danielle
(Etienne Chatiliez, 1989) puis l'amante pulpeuse du boucher sanguinaire de Delicatessen
(Jeunet & Caro, 1990) lui permettent d'obtenir son premier grand rôle dans La Nage indienne
(Xavier Durringer, 1991). Remarquée par la critique, elle est nommée aux Césars comme meilleur espoir. Après avoir joué dans La Séparation
de Christian Vincent, elle enchaîne les seconds rôles. Capable d'interpréter des personnages comiques (Les Randonneurs
, Philippe Harel, 1996) ou plus sombres (Adultère (mode d'emploi)
, Christine Pascal, 1994), elle convainc grâce à une expression franche, un physique généreux et un talent de caméléon. En 1995, elle triomphe dans Fourbi
d'Alain Tanner, où elle est le symbole d'une jeunesse dépourvue d'ambition et de perspectives, puis campe une célibataire un peu désespérée éprise d'un homme marié dans La Nouvelle Eve
de Catherine Corsini (1999). La même année, elle prend à bras le corps le personnage d'Emma, femme enceinte touchée par un cancer dans Haut les coeurs !
(Solveig Anspach, id.), et elle s'investit totalement dans ce rôle qui lui vaut le César de la meilleure actrice. Elle renoue avec la comédie pour Reines d'un jour
de Marion Vernoux et Embrassez qui vous voudrez
de Michel Blanc. Elle reçoit d'ailleurs un second César pour son interprétation d'une jeune femme embarquée dans des vacances luxueuses bien au-dessus de ses moyens. La Parenthèse enchantée
(Michel Spinosa, 2000), une digression sur les années 70, lui donne l'occasion d'évoluer au milieu de la nouvelle génération d'acteurs français. Elle aborde par la suite des personnages de femmes plus mûres, plus discrètes, comme dans L'Emploi du temps
de Laurent Cantet (2001), ou dans Le Rôle de sa vie
(2003), où elle livre une prestation convaincante en assistante candide et effacée, dans l'ombre d'une actrice capricieuse incarnée par Agnès Jaoui. Elle tourne ensuite dans des films plus confidentiels, comme L'Enfer
du bosniaque Danis Tanovic (2004) ou encore dans le thriller de Costa-Gavras, Le Couperet
(id.). Fidèle à ses premiers complices, elle retrouve Christian Vincent pour Les Enfants
(id.), et Catherine Corsini pour Les Ambitieux
en 2006. Elle joue aussi dans la suite des Randonneurs, Les Randonneurs à St-Tropez
(2007), dans lequel Philippe Harel met de nouveau en scène la joyeuse bande de vacanciers. Actrice prolifique, elle est toujours très sollicitée par les metteurs en scène et incarne avec bonheur les femmes populaires, malicieuses, pétillantes, énergiques, mais aussi râleuses, et combatives. En 2008, elle est à l'affiche de Baby Blues
, comédie sur la crise de la quarantaine et le désir d'enfant, et du film choral Le Bal des Actrices
de Maïwenn LeBesco.