Dominique Pinon

Personnalité

Interprète, voxographe : années 1980-2020

Nationalité :  France

Naissance :  04/03/1955 - France - Saumur, Maine-et-Loire

Identité

Genre : homme

Fonctions : Acteur, Voix (doublage), Ingénieur du son, Préfacier, postfacier

Biographie

Formation :

Dominique Pinon choisit de devenir comédien après ses études de lettres. Il s'installe à Paris et s'inscrit au cours d'art dramatique de René Simon. Il débute une carrière au théâtre jusqu'au jour où l'agent artistique Dominique Besnehard le présente au cinéaste Jean-Jacques Beineix.

Carrière :

Dominique Pinon, visage emblématique du cinéma français, incarne à lui seul l’art de la métamorphose : sa "gueule" inoubliable et son talent protéiforme ont marqué des générations de spectateurs, des rôles de marginaux chez Beineix ou Polanski aux personnages oniriques de Jeunet, en passant par des comédies cultes et des drames intimistes.
Dominique Pinon est ce que l'on appelle une " gueule ". Visage anguleux, lèvres charnues, petit et nerveux, il s'illustre dans des rôles de truands ou de marginaux, mais son talent lui permet d'interpréter des personnages plus sensibles. Il débute à l'écran en tueur au crâne rasé dans Diva (1980) de Jean-Jacques Beineix. Son interprétation d'un paysan dans Le Retour de Martin Guerre (1981) de Daniel Vigne lui vaut une nomination aux césars comme meilleur espoir masculin. Il retrouve Beineix en 1982 pour La Lune dans le caniveau, où il joue le frère alcoolique de Gérard Depardieu, et trois ans plus tard pour 37°2 le matin (1986). Sa palette est large. Employé dans des seconds rôles, il montre l'étendue de son talent par le truchement de personnages décalés, du tueur de Tir groupé (1982) de Jean-Claude Missiaen au vagabond de Frantic (1987) de Roman Polanski, en passant par le clochard de La Légende du Saint Buveur (1988) d'Ermanno Olmi ou par le singe de bande dessinée de Nemo (1983) d'Arnaud Sélignac. En 1990, il accède à la renommée avec le succès de Delicatessen de Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet, où il interprète un clown timide et sensible. Caro et Jeunet font de nouveau appel à ses services pour leur deuxième film, La Cité des enfants perdus (1994), où il incarne cinq personnages à la fois. Puis Jean-Pierre Jeunet l'impose dans la distribution du quatrième volet d'Alien resurrection (1997). Entre-temps, Dominique Pinon apparaît dans des premiers films : Août d'Henri Herré (1991), Les Arcandiers de Manuel Sanchez (1991). En 2000, il retrouve Jeunet pour Le fabuleux destin d'Amélie Poulain où il campe le personnage de Joseph, un " pilier de comptoir " malheureux et maladivement jaloux. Il collabore encore avec Jeunet dans Un long dimanche de fiançailles (2003) et Micmacs à tire-larigot (2008), dans lequel il campe un inventeur farfelu, confirmant leur complicité artistique. L'éclectisme de Pinon le fait jouer dans de franches comédies comme Quasimodo del Paris (Patrick Timsit, 1999), Bienvenue chez les Roses (Françis Palluau, 2002), Dikkenek (Olivier Van Hofstadt, 2005) ou La loi de Murphy (Christophe Campos (2009). Il s'essaye aussi au drame, avec le film de Zabou Breitman Se souvenir des belles choses (2001), conte délicat sur la maladie d'Alzheimer ; au film historique avec Le Pont du Roi saint Louis (Mary McGukian, 2003) ; au thriller avec Crimes à Oxford (Alex de la Iglesia, 2007) ; Alien lui a même donné le goût de la science-fiction, il tourne en 2006 dans Dante 01 de Marc Caro. Les années 2010 voient Pinon explorer des registres variés : il est tour à tour un professeur excentrique dans Les Profs (Pierre-François Martin-Laval, 2012), un personnage historique dans L’Extravagant Voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet (id.) de Jeunet, ou encore un maître d’hôtel dans My Old Lady (Israel Horovitz, 2013). Il se glisse aussi dans des rôles plus intimistes, comme dans Donne-moi des ailes (2018) de Nicolas Vanier, où il incarne un scientifique bourru mais attachant ou la comédie La DorMeuse du Val (Manuel Sanchez, 2016). En 2020, il retrouve Jeunet pour BigBug, comédie futuriste où il joue un robot domestique maladroit, prouvant que son talent pour l’absurde reste intact. Plus récemment, il apparaît dans Apaches (2023) de Romain Quirot, thriller dystopique, et dans Finalement (2024) de Claude Lelouch, où il interprète un médecin confronté à des dilemmes humains. En 2025, Dominique Pinon partage l’affiche de Jean Valjean d’Éric Besnard, aux côtés de Grégory Gadebois, Bernard Campan et Alexandra Lamy.

Autres activités :

Depuis les années 80, Dominique Pinon s'illustre très souvent au théâtre. Il a joué entre autres dans des pièces de Pirandello, Novarina, Shakespeare, Beckett ou Topor. Il remporte le Molière du Meilleur comédien en 2004, pour son interprétation de Dragomir dans L'Hiver sous la table de Roland Topor.

Filmographie

Longs métrages

Acteur

Ingénieur du son

Voix (doublage)

Bibliographie éditoriale

  • Ouvrage : Des étoiles sont nées : les nouveaux acteurs du cinéma français : 60 portraits-entretiens / Isabelle Danel.- Paris : P. Lherminier, 1986
  • Ouvrage : Stars deuxième / Jacques Valot ; Gilles Grandmaire.- Paris : Edilig, 1989
  • Périodique : Revue du Cinéma (La), n° 437, avril 1988
  • Périodique : Revue du Cinéma (La), n° 471, mai 1991
  • Périodique : Tournage, n° 3, mai 1996

Récompenses et nominations

  • 1991 - Meilleure interprétation masculine - Festival Internacional de Cinema de Catalunya (Sitges) - Delicatessen - Obtenu