Darius Khondji
Personnalité
Dir. de la photographie, cadreur, ass. opérateur : 1980-2020
Nationalité : France
Naissance : 21/10/1955 - Iran - Téhéran, Téhéran
Identité
Genre : homme
Fonctions : Directeur de la photographie/Chef opérateur, Assistant opérateur, Cadreur/Opérateur, Photographe, Auteur
Biographie
Formation :
Etudes cinématographiques à l'Université de New-York où il suit les cours de Haig Manoogian.Carrière :
Maître incontesté de la lumière et de l’image, Darius Khondji s’impose comme l’un des chefs opérateurs les plus audacieux de sa génération, célèbre pour sa capacité à sublimer aussi bien l’onirisme débridé de La Cité des enfants perdus que la noirceur stylisée de Seven, et régulièrement salué pour ses collaborations avec les plus grands cinéastes internationaux.
Après avoir achevé ses études aux Etats-Unis, Darius Khondji vient en France en 1981 où il commence par être l'assistant de Bruno Nuytten. Lors de son apprentissage auprès de ce dernier, il travaille entre autres sur la photographie de Fort Saganne (1983) d'Alain Corneau et de Tchao pantin (1983) de Claude Berri. Il est également l'assistant de Martin Schaefer et de Pascal Marti. Il est remarqué pour son travail sur Le Trésor des îles chiennes (1989) de François-Jacques Ossang, qui marque le début de sa carrière personnelle. Grand admirateur de Gregg Toland (le chef-opérateur de Citizen Kane), Khondji aime travailler sur du noir et blanc, avec un éclairage faisant ressortir les contrastes et une grande profondeur de champ. Il devient pourtant célèbre grâce à deux films en couleur, Delicatessen (1990) et La Cité des enfants perdus (1994) de Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet. Il fait aussi carrière aux Etats-Unis où il dirige la photographie de Seven (1995) de David Fincher. Seven est remarqué pour son esthétique, ce qui renforce la notoriété de Khondji outre-Atlantique. Toujours en 1995, il fait la photographie de Beauté volée de Bernardo Bertolucci où il démontre ses talents pour des éclairages en extérieurs, moins sombres et contrastés que d'ordinaire. Alien, la résurrection (1997) de Jean-Pierre Jeunet est pour Khondji l'occasion d'effectuer la photographie sur un genre cinématographique qui le fascine : la science-fiction. Il retrouve Roman Polanski, l’année suivante, pour La Neuvième porte (1998), où il magnifie l’atmosphère mystérieuse, puis s’allie à Danny Boyle pour La Plage (1999), explorant les tons saturés et la lumière exotique des décors thaïlandais. Sa maîtrise du contraste et du cadre s’illustre également dans Evita (1996) d’Alan Parker, et il revient au thriller en collaborant à nouveau avec David Fincher sur Panic Room (2001). Khondji ne cesse d’élargir sa palette visuelle, travaillant avec Wong Kar-wai sur My Blueberry Nights (2006) où il joue des variations chromatiques et de la lumière urbaine, puis s’associe à Woody Allen à plusieurs reprises : il signe la photographie de Minuit à Paris (2010), Magic in the Moonlight (2013) et L’Homme irrationnel (2014), imprimant aux films une atmosphère nostalgique inspirée des années trente et cinquante. En 2012, il fait sensation avec Amour (2011) de Michael Haneke, optant pour la sobriété et la lumière naturelle pour souligner la gravité du sujet, puis retrouve James Gray pour The Immigrant (2012), The Lost City of Z (2015) et Armageddon Time (2022), où il met en valeur la dimension épique et intime des récits. La décennie 2020 voit Darius Khondji explorer encore plus la diversité des genres : il dirige la photographie de deux films de Bong Joon-ho : Okja (2016) et Mickey 17 (2014), renouant avec le cinéma sud-coréen et l’exubérance visuelle, puis celle de Uncut Gems (2019) des frères Safdie, où il capte la tension nerveuse du récit grâce à une lumière crue et instable. Il se distingue également sur Eddington (2024) de Ari Aster, en compétition au Festival de Cannes 2025.