Isabelle Carré
Personnalité
Interprète, réalisatrice, auteure adaptée... : années 1980-2020
Nationalité : France
Naissance : 28/05/1971 - France - Paris, Paris
Identité
Genre : femme
Fonctions : Réalisateur, Acteur, Voix (doublage), Scénariste, Dialoguiste, Interprète des chansons préexistantes, Annotateur
Biographie
Formation :
Isabelle Carré suit des cours de comédie au Centre américain, au Cours Florent et à l'Enstat jusqu'en 1990.Carrière :
Isabelle Carré, visage lumineux du cinéma français, a marqué les écrans par des incarnations de femmes fragiles et complexes, couronnée par un César pour Se souvenir des belles choses. De l'ingénue révélée dans Romuald et Juliette à la comédienne protéiforme de La Femme défendue et Les Émotifs anonymes, elle navigue entre drames intimistes et comédies grinçantes avec une grâce inaltérée.
Jeune blonde au charme naturel et discret, au visage lumineux et rieur, Isabelle Carré construit sa carrière avec rigueur. Lorsqu'elle débute à l'écran en 1988 dans Romuald et Juliette de Coline Serreau, elle n'a que dix-huit ans et excelle déjà au théâtre. En 1990, elle partage l'affiche de La reine blanche de Jean-Loup Hubert avec Catherine Deneuve, Jean Carmet, Richard Bohringer et Bernard Giraudeau. Elle interprète son premier grand rôle dans Beau fixe (1992) de Christian Vincent, où elle campe une étudiante en vacances au côté de trois autres comédiennes de sa génération. Après de courtes apparitions dans Le hussard sur le toit (1994) de Jean-Paul Rappeneau et dans Beaumarchais l'Insolent (1995) d'Edouard Molinaro, où elle interprète une scène d'une pièce du dramaturge, elle porte sur ses épaules La femme défendue (1996) de Philippe Harel. Entièrement tourné en caméra subjective, ce film est présenté au Festival de Cannes. Tour à tour naïve, fragile, cruelle, Isabelle Carré, qui sort du carcan des rôles d'ingénue, éblouit le public par sa prestation. Perfectionniste, elle travaille ses rôles et s'investit dans l'œuvre adaptée des auteurs qu'elle lit. En 1998, elle joue au côté de Juliette Binoche dans Les enfants du siècle de Diane Kurys et prête ses traits à Aimée de Musset, belle-sœur d'Alfred. Aimant varier les genres, Isabelle Carré figure au casting de La Bûche, la comédie grinçante de Danièle Thompson (1999). Mais c'est certainement dans les registres dramatiques que l'actrice excelle, elle obtient le César de la meilleure actrice pour son rôle dans Se souvenir des belles choses (Zabou Breitman, 2001); elle y incarne Claire Poussin, une jeune femme atteinte d'Alzheimer précoce ; son visage angélique et sa petite voix timide magnifient un personnage qui en devient presque celui d'un étrange conte de fée. Noémie Lovsky utilise le côté ingénue de la comédienne dans Les Sentiments (2002) pour la transformer en femme fatale mais naïve à qui Jean-Pierre Bacri succombera. L'année suivante Isabelle Carré joue pour Tavernier au côté de Jacques Gamblin dans Holy Lola ou l'odyssée de deux Français au Cambodge pour adopter un enfant ; la jeune femme stérile qu'elle incarne est touchante dans sa fragilité et son courage parfois vacillant. La comédienne revient, enfin, à la vraie comédie dans Quatre étoiles (Christian Vincent, 2005), où on la voit, ce qui n'est pas coutume, en séductrice sexy et manipulatrice. Mais Isabelle Carré ne reste pas longtemps sans jouer les femmes blessées, et même très perturbées comme dans Anna M. (Michel Spinosa, 2006) où elle excelle en érotomane convaincue que le médecin qui l'a sauvée suite à une tentative de suicide l'aime. Isabelle Carré est ensuite la voix de la narratrice dans le conte Le Renard et l'enfant de Benoît Jacquot (2006). François Ozon la fait tourner en 2002 dans le plein de grâce et dérangeant Le Refuge, le cinéaste filme la grossesse de Mousse, une jeune femme seule et droguée qui s'est réfugiée au bord de la mer et se moque des conventions. Isabelle Carré trouve un rôle qui semble extrapoler l'image qu'elle dégage depuis le début de sa carrière : dans la comédie Les émotifs anonymes (Jean-Pierre Améris, 2010), elle campe Angélique, une timide pathologique qui parviendra à dépasser son "handicap" pour exprimer son amour à Benoît Poelvoorde ! Isabelle Carré poursuit sa carrière avec une exigence intacte, explorant des personnages complexes et variés. En 2012, elle incarne une mère confrontée à l’adoption dans La Dérive des continents (au sud) de Lionel Baier. Elle campe une religieuse dévouée à une jeune sourde et aveugle dans Marie Heurtin (2013) de Jean-Pierre Améris, rôle salué pour sa retenue émouvante. En 2022, elle renoue avec la comédie dans La Dégustation d’Ivan Calbérac, incarnant une œnologue rigoureuse, avant d’incarner Yvonne de Gaulle aux côtés de Lambert Wilson dans De Gaulle (2019) de Gabriel Le Bomin. Elle explore la légèreté et les drames familiaux dans L'Esprit de famille (2018) d’Éric Besnard, puis joue une mère résiliente dans La Guerre des Lulus (2022) de Yann Samuell. En 2017, elle incarne une femme recomposant sa vie dans Une vie ailleurs (2016) de Olivier Peyon, et prête son visage lumineux à la comédie intimiste Et plus si affinités (2022) de Pascal Bonitzer. Son interprétation dans Le Cœur régulier (2015) de Vanja d’Alcantara, adaptation du roman de Maylis de Kerangal, révèle une intensité mélancolique. Elle tourne sous la direction de Claude Lelouch dans Le Tourbillon de la vie (2023), revisitant le thème des destins croisés, et prépare Les Rêveurs (2025), adaptation de son propre roman, qu’elle réalise.