Carrière :
En 1957, Pierre Schoendoerffer demande à Raoul Coutard de faire la photo de son premier film, La passe du Diable
, tourné en scope-couleurs. Le tournage en Afghanistan est interrompu à cause de l'opération de Suez. Schoendoerffer et Coutard en profitent pour réaliser un court-métrage en Indochine, Than le pêcheur
. Ils travaillent à nouveau ensemble pour Ramuntcho
(1958), Pêcheur d'Islande
(1958), La 317e Section
(1964), Le Crabe-Tambour
(1977). En 1959, Georges de Beauregard, le producteur de Schoendoerffer, impose Coutard à Jean-Luc Godard, un jeune réalisateur sur le point de réaliser son premier film : A bout de souffle
. Le film constitue un événement dans l'histoire du cinéma français. Son succès international permet à Coutard de devenir un chef opérateur de premier plan. Il devient rapidement indispensable aux cinéastes de la Nouvelle Vague, impatients et sans grands moyens financiers. Il est capable de filmer dans n'importe quelle condition, souvent sans éclairages spéciaux. Il travaille avec Jean-Luc Godard (Le petit soldat
, 1960 ; Une femme est une femme
, 1960 ; Le mépris
, 1963 ; Pierrot le fou
, 1965 ; Made in USA
, 1966 ; Prénom Carmen
, 1983), avec François Truffaut (Tirez sur le pianiste
, 1959 ; L'amour à vingt ans
, 1961 ; Jules et Jim
, 1961 ; La mariée était en noir
, 1967), avec Philippe De Broca (Un monsieur de compagnie
, 1964), avec Jacques Demy (Lola
, 1960). La photo de Coutard, souvent surexposée et tremblée, feutrée et éclatante à la fois, surprend. Elle vient après la photographie de studio des années 1950. A partir de 1968, les réalisateurs français le boudent. Son style semble démodé face au travail d'esthètes comme Nestor Almendros ou Bruno Nuytten. C'est Godard et Schoendoerffer qui lui permettent de démontrer qu'il est encore un des plus grands chefs opérateurs. Il travaille avec d'autres grands noms du cinéma, comme Costa-Gavras (Z
, 1968 ; L'aveu
, 1969), Edouard Molinaro (La liberté en croupe
, 1970 ; Les aveux les plus doux
, 1970), Nagisa Oshima (Max mon amour
, 1985) et collabore à trois reprise avec Philippe Garrel (La naissance de l'amour
(1992), Le coeur fantôme
(1995), Sauvage innocence
(2001)).