Maria de Medeiros
Personnalité
Interprète, réalisatrice, scénariste... : années 1980-2020
Nationalité : Portugal
Naissance : 19/08/1965 - Portugal - Lisbonne
Identité
Genre : femme
Fonctions : Réalisateur, Acteur, Adaptateur, Scénariste, Directeur de la photographie/Chef opérateur, Monteur, Préfacier, postfacier, Auteur
Biographie
Formation :
Elève du lycée français de Lisbonne, Maria de Medeiros vient à Paris poursuivre des études à l'Ecole nationale supérieure des arts et techniques du théâtre. Elle choisit finalement l'art dramatique en entrant à l'école de la rue Blanche, puis au Conservatoire.Carrière :
Maria de Medeiros, muse androgyne du cinéma européen et icône de Pulp Fiction, incarne depuis quatre décennies une élégance mélancolique et un éclectisme rare, oscillant entre rôles cultes, réalisations engagées et une présence à l’écran aussi mystérieuse que captivante. Son parcours, jalonné de collaborations avec les plus grands et de choix audacieux, en fait une figure inclassable du cinéma mondial.
Révélée au Portugal, à l'âge de quinze ans, par le rôle androgyne de Silvestre (João Cesar Monteiro, 1981), Maria de Medeiros fait peu après sensation en France grâce à une pièce de théâtre (Elvire Jouvet 40) ou elle est dirigée par Brigitte Jacques. Elle enchaîne film sur film au Portugal et en France Le Moine et la sorcière (Suzanne Schiffman, 1986), O Bobo (José Alvaro Morais, 1987), Onde bate o sol (Joaquim Pinto, 1988) avant de connaître une reconnaissance internationale grâce à sa composition d'Anaïs Nin dans Henry and June (Philip Kaufman, 1989). Elle partage entre la scène et l'écran un sens très personnel du tragi-comique, servi par un visage enfantin aux yeux immenses et par une grâce naturelle ; elle apparaît notamment dans La Tentation de Vénus (Ivan Szabo, 1990), A Divina comedia (Manoel de Oliveira, 1991), Pulp Fiction (Quentin Tarantino, 1993), Tres Irmãos (Teresa Villaverde, 1993), Macho (Bigas Luna, 1993), Tiré à part (Bernard Rapp, 1995), Moi, César, 10 ans ½, 1 m 39 (Richard Berry, 2002), Mi vida sin mi (Isabel Coixet, 2002). Après trois courts-métrages - Severine C. (1987), Fragmento II (1988), A Morte do Príncipe (1991) -, elle écrit et réalise son premier long métrage en 1999 Capitães de abril, sur la révolution des Oeillets en avril 1974 au Portugal. En 2004 elle tourne un documentaire Je t'aime. moi non plus sur la relation entre le cinéaste et le critique. En 2006, elle incarne Térésa dans Dans les cordes, (Magaly Richard-Serrano), où son interprétation d’une mère déterminée et fragile apporte une touche de mélancolie à ce drame sportif. L’année suivante, elle joue Anna dans Riparo (Marco Simon Puccioni), un rôle où sa capacité à mêler force et vulnérabilité est saluée, dans un film qui aborde l’immigration et les relations amoureuses complexes. Toujours en 2007, elle apparaît dans Médée Miracle, au côté d’Isabelle Huppert, où elle incarne l’amie de Médée, ajoutant une dimension poétique à cette réinterprétation moderne du mythe grec. Trois ans après, elle se glisse dans la peau de Faranguisse, l’épouse résignée de Poulet aux prunes (Marjane Satrapi & Vincent Paronnaud) et joue son propre rôle dans le faux documentaire HH, Hitler à Hollywood (Frédéric Sojcher, 2009) ; où son charisme et son ironie brouillent habilement les frontières entre réalité et fiction. Elle débute la décennie avec Ni à vendre, ni à louer (2010), comédie décalée de Pascal Rabaté où son élégance et son humour fin contrastent avec l’absurdité des situations. Enfin, en 2013, sort en en salle Je ne suis pas mort (Mahdi Ben Attia, 2011), un drame où son interprétation d’une femme en crise existentielle, à la fois forte et vulnérable, est particulièrement remarquée. Elle incarne ensuite Laura Betti dans Pasolini (Abel Ferrara, 2014), et joue dans Le Fils de Joseph (Eugène Green, 2015), ou encore À nos enfants (2019), qu’elle réalise et scénarise. En 2020, elle apparaît dans L’Ordre moral (Mario Barroso, 2019), puis enchaîne avec Ange (Tony Gatlif, 2025), Le Roi Soleil (Vincent Mael Cardona, 2025), et Une affaire de principe (Antoine Raimbault, 2024). Son jeu, toujours teinté d’une mélancolie lumineuse, et son regard acéré sur les personnages marginaux ou complexes, confirment son statut d’artiste inclassable, aussi à l’aise devant que derrière la caméra.