Macha Méril

Personnalité

Interprète, auteure, productrice... : années 1960-2020

Nationalité :  France

Naissance :  03/09/1940 - Rabat, Protectorat français au Maroc

Identité

Genre : femme

État civil :

  • Maria Magdalena Vladimirovna Gagarine

Fonctions : Acteur, Producteur, Auteur, Auteur primaire

Biographie

Formation :

Macha Méril suit les cours d'art dramatiques de Dullin. C'est par hasard qu'elle est choisie pour le rôle féminin du premier film de Gérard Oury, La Main chaude (1959).

Carrière :

Macha Méril, icône discrète du cinéma français, incarne depuis les années 1960 une élégance subversive et une capacité rare à se réinventer, passant des rôles audacieux de la Nouvelle Vague aux personnages subtils et souvent ambivalents qui ont marqué plusieurs générations de cinéphiles. Son jeu, à la fois précis et mystérieux, a traversé les époques sans jamais se laisser enfermer dans un seul registre.
Après sa première apparition sur le grand écran, Macha Méril s'illustre en confidente de Marina Vlady dans Adorable menteuse (1961) de Michel Deville. De retour des Etats-Unis où elle tourne notamment Mercredi soir, neuf heures (1963) de Daniel Mann, elle rencontre Jean-Luc Godard qui en fait le pivot d'Une femme mariée (1964). Le réalisateur de la Nouvelle Vague tourne délibérément le charme de l'actrice en dérision. L'histoire audacieuse de cette petite bourgeoise, témoin de son époque, est d'abord interdite en France, puis autorisée après quelques coupes. Macha Méril tourne ensuite Belle de jour (1966) avec Luis Buñuel. Dans les années 1970, elle s'exile en Italie. En collaboration avec son mari, réalisateur et producteur italien, elle tourne dans de nombreux films, dont Nous sommes tous en liberté provisoire (1972) de Maulio Scarpelli. A son retour en France, elle incarne souvent des seconds rôles discrets comme celui de l'épouse respectable du Grand Carnaval (1983) d'Alexandre Arcady ou de l'épouse modeste et effacée de Au nom de tous les miens (1983) de Robert Enrico. Elle sait aussi exprimer des personnages subtils comme dans Sans toit ni loi (1985) d'Agnès Varda, où elle incarne une intellectuelle humaniste et volontaire confrontée à l'échec. Guy Gilles et Claude Miller perturbent définitivement l'image de femme douce de Macha Méril : le premier la transforme en meurtrière dans Crime d'amour (1982) et le second en froide instigatrice d'un jeu sadique dans Mortelle Randonnée (1982). Macha Méril possède en outre un véritable don pour la métamorphose physique. Elle passe par exemple du rôle de gouvernante muette dans Roulette chinoise (1976) de Rainer Werner Fassbinder à celui de souillon fruste dans La Vouivre (1988) de Georges Wilson. Dans les années 1990, elle incarne des personnages aussi variés que la mélancolique Mélanie dans Alla Turca (inédit, 1996), qu’elle réalise elle-même, révélant une nouvelle facette de son art. Elle y explore les tensions entre Orient et Occident, confirmant son goût pour les histoires à la croisée des cultures. Les années 2000 la voient revenir à des rôles plus légers, mais toujours teintés d’une ironie subtile : elle est notamment la mère d’Alexis, figure à la fois tendre et autoritaire, dans Rien, voilà l’ordre (2001) de Jacques Baratier. En 2009, elle retrouve Claude Berri et François Dupeyron pour Trésor, où son interprétation d’une grand-mère espiègle et moderne marque les esprits. Elle enchaîne avec des apparitions dans des comédies populaires, comme Un Bonheur n’arrive jamais seul (2012) de James Huth, où elle campe une Fanfan Keller excentrique et attachante, ou Un Profil pour Deux (2016) de Stéphane Robelin, où son rôle de Marie, femme élégante et désabusée, rappelle son aisance à jouer les seconds rôles qui volent la scène. Dans les années 2020, Macha Méril continue de surprendre. Elle est Simone, grand-mère facétieuse et touchante, dans Les Boules de Noël (2024) d’Alexandra Leclère.

Autres activités :

Macha Méril s'illustre sur les planches, notamment dans L'Eloignement de Loleh Bellon avec Pierre Arditi. En 1989, elle interprète La Mouette de Tchekhov. En 1967, elle fonde sa maison de production, Macha Films, dont profitent Guy Gilles (Au pan coupé , 1967) et Robert Bresson (Quatre nuits d'un rêveur , 1970). Pour la télévision, elle interprète des téléfilms, dont Le Bonheur des tristes de Caroline Huppert, et réalise Alla Turqua (1995). Elle publie un roman, La Star (1982), deux livres de recettes, et ses Mémoires (J'aime pas , 1997).

Filmographie

Longs métrages

Acteur

Producteur

Bibliographie éditoriale

  • Ouvrage : Stars deuxième / Jacques Valot ; Gilles Grandmaire.- Paris : Edilig, 1989
  • Périodique : Ciné-Revue, n° 48, décembre 1983
  • Périodique : Film Dope, n° 42, octobre 1989
  • Périodique : Revue du Cinéma (La) / Image et Son, n° 436, mars 1988

Liens familiaux

Marié(e) à :

Frère/Sœur de :

Collections liées