Carrière :
Quelques mois après son premier film, Albert Finney s'impose dans le film phare du cinéma réaliste britannique, Samedi soir et dimanche matin
(1960) de Karel Reisz. Il interprète Arthur, un ouvrier révolté contre sa condition. Mais c'est son énergie et sa joie de vivre dans Tom Jones
de Tony Richardson, d'après l'oeuvre d'Henry Fielding, qui le rend mondialement célèbre. Avec la participation de dix pour cent aux recettes du film évaluées à quatorze millions de dollars, il crée en 1965 sa maison de production, Memorial Entreprises Ltd, qu'il destine à produire et à distribuer des émissions de télévision, des pièces de théâtre et des films. C'est ainsi qu'il réalise et interprète Charlie Bubbles
(1967) qui décrit le dilemme d'un écrivain issu du monde ouvrier soudain pris au piège de la célébrité. La même année, il se distingue dans une comédie grave de Stanley Donen, Voyage à deux
, où, auprès d'Audrey Hepburn, il passe d'un adolescent idéaliste à un bourgeois satisfait.
En 1965 il produit aussi bien If...
de Lindsay Anderson (1968) que Gumshoe
(1971), un polar dirigé par son assistant, Stephen Frears, dans lequel il joue. Après avoir privilégié la scène, Finney revient en force à l'écran avec l'inoubliable Crime de l'Orient Express
(1974) de Sydney Lumet, où sa composition du détective Hercule Poirot, en contraste avec ses rôles précédents, lui vaut, après en 1964, une deuxième citation aux Oscars. Alors qu'il est peu présent sur les écrans dans les années 70, il est le Fouché des Duellistes
de Ridley Scott (1977), réalisateur qu'il retrouvera trente ans plus tard pour A Good Year
(2006).
En 1981, Finney joue coup sur coup dans deux films fantastiques - Looker
de Michael Crichton et Wolfen
de Michael Wadleigh -, dans le drame intimiste L'Usure du temps
de Alan Parker et dans Annie
, comédie musicale de John Huston.
Il est de nouveau nominé aux Oscars pour son interprétation du directeur de troupe de théâtre tyrannique de L'habilleur
(1983) de Peter Yates, puis en 1984 pour le rôle du consul alcoolique au Mexique d' (John Huston).
Il alterne ensuite rôles principaux dans des films mineurs où il cabotine - Les Enfants de l'impasse
d'Alan J. Pakula (1987), Les Leçons de la vie
de Mike Figgis (1994) ou Un homme sans importance
de Suri Krishamma (1994)... - et seconds rôles dans des productions plus importantes, comme le mafieux du Miller's crossing
des frères Coen (1990).
C'est aussi dans un second rôle qu'il renoue avec le succès en 2000 grâce à (Steven Soderbergh) qui lui offre une nouvelle citation à l'Oscar. Il apparaît rapidement dans d'autres films de Soderbergh, que ce soit Traffic
(2000) et Ocean's Twelve
(2004) et rejoint la troupe de Tim Burton pour Big Fish
(2003) où il incarne le héros joué par Ewan McGregor âgé. Il collabore à nouveau avec Burton en donnant sa voix au dessin animé Les Noces funèbres
(2005).
Présent à l'affiche du dernier film de Sidney Lumet, le polar 7h58 ce samedi-là
(2007), Albert Finney participe aussi à deux sagas d'espionnage populaires, Jason Bourne et James Bond, en jouant dans La Vengeance dans la peau
(Paul Greengrass, 2007), Jason Bourne : l'héritage
(Tony Gilroy, 2012) et Skyfall
(Sam Mendes, 2012).