Bulle Ogier

Personnalité

Interprète, scénariste : années 1960-2020

Nationalité :  France

Naissance :  09/08/1939 - France - Boulogne-Billancourt, Seine

Identité

Genre : femme

État civil :

  • Marie-France Chantal Geneviève Odile Thielland

Fonctions : Acteur, Intervenant, Scénariste, Auteur, Annotateur, Auteur secondaire

Biographie

Formation :

Après avoir travaillé quelque temps pour Coco Chanel, Bulle Ogier rencontre Marc'O auprès de qui elle suit une formation d'actrice à l'American Center et dont elle crée trois pièces, en particulier Les Idoles (1966), décapante parodie de la société du spectacle où elle interprète Gigi la Folle. Avec des acteurs comme Pierre Clémenti et Jean-Pierre Kalfon, elle participe dans les années 1960 à la création d'un des premiers cafés-théâtres parisiens.

Carrière :

Bulle Ogier, muse des plus grands cinéastes d’avant-garde et icône du cinéma d’auteur, incarne depuis les années 1960 une modernité rare, mêlant fragilité et mystère dans des rôles qui ont marqué l’histoire du septième art. Son jeu unique, entre présence et absence, a inspiré Rivette, Buñuel, Duras ou encore Schroeter, faisant d’elle une actrice inclassable et indispensable.
Bulle Ogier est révélée au cinéma dans l'adaptation des Idoles par Marc'O lui-même (1967). L'Amour fou (1968) de Jacques Rivette et Paulina s'en va d'André Téchiné confirment l'inclination de la jeune actrice pour le cinéma d'auteur. Son image de fille fragile, émouvante de vérité, se prête à des rôles difficiles dans des films intimistes. C'est le rôle de Rosemonde, la jeune ouvrière criminelle de La Salamandre (1971) d'Alain Tanner, un film suisse au retentissement inattendu, qui la fait connaître du public. Sa "présence absence", son jeu toujours légèrement décalé, la font remarquer par Luis Bunuel qui fait d'elle la sœur de Delphine Seyrig dans Le Charme discret de la bourgeoisie (1972). Après une incursion dans l'univers de Claude Lelouch (Mariage, 1974), elle retrouve Jacques Rivette, son réalisateur fétiche (elle tournera pour lui à sept reprises), pour Duelle (1975). Elle participe même au scénario de deux des films du réalisateur dont elle est l'interprète principale, Céline et Julie vont en bateau (1974) et, avec sa fille Pascale Ogier, Le Pont du Nord (1981). Elle fait aussi la rencontre de Barbet Schroeder qui l'engage pour le trip libertaire de La Vallée (1972) puis pour Maîtresse (1975), une sulfureuse histoire sadomasochiste : elle devient son l'épouse et ils tourneront plusieurs fois ensemble. Actrice réputée intellectuelle, elle devient l'antistar de certains des cinéastes européens les plus exigeants des années 1970 : André Delvaux, Daniel Schmid, Philippe Garrel, Werner Schroeter, Eduardo de Gregorio, Rainer Werner Fassbinder, Francis Reusser... Elle se sent proche de Marguerite Duras, dont elle crée plusieurs pièces sur scène (dont Des journées entières dans les arbres (1975) ou Savannah Bay (1984), elle tourne aussi avec elle Le Navire Night (1979) et Agatha et les lectures illimitées (1981). Preuve de sa recherche constante de la qualité, Bulle Ogier, tout en continuant à collaborer avec les grands noms - Claude Chabrol pour Au cœur du mensonge, Rivette pour Ne touchez pas à la hache (2007), Werner Schroeter pour Nuit de chien en 2008 -, tourne à partir des années 1990 dans des œuvres de jeunes cinéastes séduits autant par ce qu'elle incarne dans l'histoire du cinéma que par sa fantaisie et son jeu toujours inattendu : Nord (1991) et N'oublie pas que tu vas mourir (1995) de Xavier Beauvois, Regarde les hommes tomber (1994) de Jacques Audiard, Irma Vep (1996) d'Olivier Assayas, Vénus Beauté (Institut) (1999) de Tonie Marshall, Gentille (2005) de Sophie Fillières, Faut que ça danse ! (2007) de Noémie Lvovsky, etc. Qu'elle soit ouvrière, prostituée, petite-bourgeoise ou aristocrate, elle produit un jeu lunaire et énigmatique qui captive par sa part laissée à l'angoisse et à l'inconscience. Sa fraîcheur et son naturel la classent parmi les meilleures actrices françaises. Elle retrouve Werner Schroeter pour Nuit de chien (2008), où son interprétation de Dona Inès, entre tragédie et grotesque, rappelle son talent pour les rôles ambivalents. Elle incarne ensuite des figures aussi variées que mystérieuses : la princesse de Blamont-Chauvry dans Ne touchez pas à la hache (2006) de Jacques Rivette, ou encore la voix d’une conscience bouddhiste dans Le Vénérable W. (2016) de Barbet Schroeder, preuve de sa capacité à se réinventer sans cesse. Les années 2010 voient Bulle Ogier collaborer avec une nouvelle génération de cinéastes, tout en restant fidèle à son exigence artistique. Elle apparaît dans Encore heureux (2014) de Benoît Delépine Graffin, où son rôle de mère décalée et touchante confirme son aisance à jouer la comédie sociale. Elle se glisse aussi dans des personnages plus énigmatiques, comme dans Merveilles à Montfermeil (2018) de Jeanne Balibar, ou encore dans Avec amour et acharnement (2022) de Claire Denis, où elle incarne Nelly, une femme dont la présence discrète mais intense marque les esprits. Même à plus de 80 ans, son jeu reste empreint de cette « présence-absence » qui a fait sa légende, mêlant fragilité et force, humour et mélancolie.

Autres activités :

Tout en travaillant régulièrement pour la télévision, Bulle Ogier est surtout très présente au théâtre où elle joue Ibsen, Botho Strauss, Schnitzler, Gombrowicz, Ingmar Bergman… pour les meilleurs metteurs en scène : Luc Bondy, Roger Planchon, Marguerite Duras, Patrice Chéreau et surtout Claude Régy. En 2011, elle a reçu le Molière du meilleur second rôle pour la pièce Rêve d'automne de Jon Fosse, mise en scène par Chéreau.

Filmographie

Longs métrages

Acteur

Bibliographie éditoriale

  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 343, janvier 1983
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 491, mai 1995
  • Périodique : Cinéma, n° 285, septembre 1982
  • Périodique : Cinéma, n° 360, juin 1986
  • Périodique : Cinématographe, n° 111, juin 1985
  • Périodique : Cinématographe, n° 8, juin/juillet 1974
  • Périodique : Film Dope, n° 48, juillet 1992
  • Périodique : Film Dope, n° 48, juillet 1992
  • Périodique : Mensuel du Cinéma (Le), n° 15, mars 1994
  • Périodique : Revue du Cinéma (La), n° 447, mars 1989
  • Périodique : Revue du Cinéma (La)/Image et Son, n° 447, mars 1989

Récompenses et nominations

  • 1994 - Prix spécial du jury - Festival International du Film (Locarno) - Personne ne m'aime - Obtenu

Liens familiaux

Parent de :

Marié(e) à :

Collections liées