Willem Dafoe
Personnalité
Interprète, producteur, scénariste : années 1980-2020
Nationalité : Etats-Unis
Naissance : 22/07/1955 - Etats-Unis - Appleton, Wisconsin
Identité
Genre : homme
Naturalisation : Italie
État civil :
- William James Dafoe
Fonctions : Acteur, Producteur, Annotateur
Biographie
Formation :
Fils d'un chirurgien, Willem Dafoe s'oriente très tôt vers une carrière de comédien. Il fréquente tout d'abord le département d'art dramatique de l'université de Milwaukee, avant de rejoindre une troupe de théâtre expérimental de la ville, avec laquelle il fait de nombreuses tournées. Il poursuit dans cette voie à New York, avec le Wooster Group, une compagnie d'avant-garde.Carrière :
Acteur caméléon à la carrière internationale, Willem Dafoe est reconnu pour son intensité, sa capacité à incarner aussi bien les héros tourmentés que les figures les plus inquiétantes du cinéma contemporain. Quatre fois nommé aux Oscars, il s’est imposé comme l’un des interprètes les plus singuliers de sa génération, multipliant les collaborations avec les plus grands réalisateurs, de Martin Scorsese à Yorgos Lanthimos, en passant par Wes Anderson, Lars von Trier ou Robert Eggers.
Willem Dafoe s'impose rapidement comme l'un des acteurs les plus saisissants et les plus imprévisibles d'Amérique. Voyou sanguinaire ou assassin diabolique à ses débuts dans Les rues de feu (Walter Hill, 1983), Police fédérale Los Angeles (William Friedkin, 1985), il devient une star avec son rôle du sergent Elias, plein de bravoure et de morale, dans l'enfer du Vietnam de Platoon (Oliver Stone, 1986) - ce rôle lui vaut une nomination à l'Oscar du Meilleur second rôle masculin. Véritable caméléon, il alterne avec bonheur des rôles exigeants : il est le très controversé Jésus dans La dernière tentation du Christ de Martin Scorsese (1988), un alcoolique vétéran du Vietnam dans Né un 4 juillet (Oliver Stone, 1988). Willem Dafoe campe également des héros plus conventionnels : le flic dans Saigon, l'enfer pour deux (Christopher Crow, 1987), et de Mississippi burning (Alan Parker, 1988). Méconnaissable en brute aux dents pourries dans Sailor et Lula (David Lynch, 1989), il est tout aussi à l'aise dans des rôles plus "glamour" comme dans le thriller érotique Body (Ulrich Edel, 1992) où il fait office d'avocat à Madonna, tueuse sexy qui l'initie aux jeux sexuels, ou bien dans Tom and Viv (Brian Gilbert, 1994) ou encore Le patient anglais (Anthony Minghella, 1995). Ni beau ni laid, aux traits saillants et anguleux, de petite taille, il se distingue surtout par l'intelligence de ses choix et par l'imagination de son jeu, quitte à se faire pardonner de petits numéros de cabotinage pour le compte de ses amis (Cry baby, John Waters, 1990) ou de cinéastes apparemment friands de ses excentricités (eXistenZ, David Cronenberg, 1999). Abel Ferrara lui offre le rôle de l'espion X dans New Rose hotel (1998), le film et la prestation de l'acteur sont salués par la critique. Tout comme le jeu qu'il produit dans American psycho (Mary Harron, 1999), où il incarne le détective Donald Kimball traquant Patrick Bateman (Christian Bale), golden boy meurtrier et psychotique. Puis avec Steve Buscemi qui réalise Animal factory (1999), Willem Dafoe emmène le spectateur dans l'ultra réalisme du monde carcéral, il est Earl Copen, un chef de gang qui va prendre un jeune détenu sous sa protection. Toujours en 1999, Dafoe est à l'affiche d'un film d'épouvante, L'Ombre du vampire (Elias Merhige), qui revisite le tournage de Nosferatu de Murnau : Dafoe y incarne l'interprète de Nosferatu, mais s'avère être un authentique vampire... Le rôle vaut à Willem Dafoe une seconde nomination à l'Oscar du Meilleur second rôle. L'épouvante semble plaire à l'acteur : il est à nouveau vampire dans Daybreakers (Michael Spierig & Peter Spierig, 2007), et fait une rapide apparition dans L'assistant du vampire (Paul Weitz, 2008). L'acteur reprend ses galons de vrai méchant dans la trilogie débutée en 2001 des Spider-Man (Sam Raimi), en se glissant dans le costume du cynique Bouffon vert. Aimant toujours jouer les personnages ambigus, il est le mystérieux John Carpenter de Auto focus (Paul Schrader, 2002), initiant un honnête homme sur la pente de l'addiction au plaisir et au sexe. Dans les années qui suivent, Willem Dafoe campe d'efficaces seconds rôles, comme dans Aviator (Scorsese, 2003), La Vie aquatique (Wes Anderson, 2003) ou Manderlay (2004) où il semble séduire Lars Von Trier, puisque le cinéaste lui confie le rôle masculin de Antichrist (2008). Le couple qu'il y forme avec Charlotte Gainsbourg, sombrant dans la folie malsaine et sadique, relève de l'immense numéro d'acteurs, même si le film dérange fortement. Prenant garde à varier les registres, Willem Dafoe est à l'affiche du drame Miral (Julian Schnabel, 2009), portrait d'une jeune Palestienne ballottée en plein conflit israélo-palestinien. Devant la caméra d'Andrew Stanton, dans John Carter (2010), l'acteur se mue, grâce à la motion capture, en Tars Tarkasen, la célèbre créature martienne.
Il retrouve Lars von Trier pour Nymphomaniac (2012), avant de briller chez Wes Anderson dans The Grand Budapest Hotel (2013), où il campe un tueur glacial et burlesque. Dafoe s’impose ensuite dans des registres variés : il est un tueur à gages ambigu dans John Wick (Chad Stahelski, id.), puis un patron de motel bouleversant dans The Florida Project (Sean Baker, 2016), un rôle qui lui vaut une nouvelle nomination à l’Oscar du Meilleur second rôle masculin. Il incarne magistralement Vincent van Gogh dans At Eternity’s Gate (Julian Schnabel, 2018), performance saluée par la critique et récompensée par une quatrième nomination aux Oscars. Toujours attiré par les univers radicaux, il joue un gardien de phare halluciné dans The Lighthouse (Robert Eggers, 2018), puis s’aventure dans le biopic Tommaso (Abel Ferrara, id.) où il livre une prestation introspective. Il poursuit sa collaboration avec Ferrara dans Siberia (téléfilm, 2020), et s’illustre dans des films d’aventure comme Togo (Ericson Core, 2019). Dafoe retrouve l’univers Marvel en reprenant le rôle du Bouffon vert dans Spider-Man : No Way Home (Jon Watts, 2020), offrant une performance saluée pour sa noirceur et sa complexité. Il enchaîne avec des seconds rôles marquants dans Nightmare Alley (Guillermo del Toro, 2020), The Card Counter (Paul Schrader, id.) et The French Dispatch (Wes Anderson, 2021). En 2022, les spectateurs le retrouve sous la direction de Robert Eggers pour l’épopée viking The Northman (2020), puis s’enferme dans un huis clos oppressant dans A l’intérieur (Vasilis Katsoupis, 2023). Il marque les esprits dans Pauvres Créatures (Yorgos Lanthimos, 2023), où il incarne le fantasque Dr. Baxter aux côtés d’Emma Stone, rôle qui lui vaut une reconnaissance unanime. En 2024, il poursuit sa trajectoire éclectique avec Kinds of Kindness (Y. Lanthimos), et redonne vie au mythe du vampire dans Nosferatu (R. Eggers, 2024).
Autres activités :
Willem Dafoe poursuit une activité théâtrale d'avant-garde avec la troupe de ses débuts, le Wooster Group, dirigée par sa femme.Filmographie
Longs métrages
Bibliographie éditoriale
Récompenses et nominations
Liens familiaux
Marié(e) à :
- Giada Colagrande - depuis mars 2005