Rufus

Personnalité

Interprète, humoriste : années 1960-2020

Nationalité :  France

Naissance :  19/12/1942 - France - Riom, Puy-de-Dôme

Identité

Genre : homme

État civil :

  • Jacques Narcy
  • Jacques Narcy

Fonctions : Acteur, Voix (doublage), Réalisateur, Intervenant, Auteur primaire

Biographie

Formation :

Après des études de médecine, Rufus débute comme régisseur de théâtre. Dans les années 1960, il interprète plusieurs chansons avec Jacques Higelin et Brigitte Fontaine.

Carrière :

Acteur et fantaisiste, Rufus, avec son physique longiligne, son crâne chauve, sa voix un peu zozotante et ses airs lunaires, est depuis près de soixante ans, au premier ou au second plan, un visage familier du cinéma et du monde du spectacle.  
En 1968, Rufus apparaît pour la première fois à l'écran dans Les Encerclés de Christian Gion. Depuis, il s'engage sur deux tournages par an en moyenne. Il tient ainsi une multitude de personnages colorés. S'il cumule à ses débuts les petits rôles dans les comédies (Laisse aller, c'est une valse, Georges Lautner, 1970) ou les polars de série (Un condé, Yves Boisset, 1969), les années 70 lui apportent quelques personnages de premier plan, comme l'opposant à une dictature de Où est passé Tom ? (1971), film politique bien dans l'esprit de l'époque réalisé par José Giovanni. Il est aussi un des principaux Camisards (1972) de René Allio, ces protestants cévenols qui luttèrent contre les armées du roi après la révocation de l'Edit de Nantes. Claude Lelouch lui offre le rôle qui aurait pu faire de lui une vedette, le mari de Bulle Ogier dans cette cruelle chronique de trente ans d'une vie de couple qu'est Mariage (1974). Il n'est guère plus heureux en ménage dans le doux-amer Lily aime-moi (Maurice Dugowson, 1975) puisque l'ouvrier qu'il incarne va passer le film tout entier à tenter de reconquérir son épouse (Zouzou). Il n'y aura par la suite plus d'autres rôles principaux à part, la même année, le très confidentiel Au long de rivière Fango, qu'il tourne avec ses camarades du Café de la Gare (Romain Bouteille et Patrick Dewaere) sous la direction de la cofondatrice de ce lieu mythique du café-théâtre, la comédienne Sotha. C'est d'ailleurs à la scène qu'il consacre l'essentiel de son activité, n'apparaissant qu'épisodiquement dans certains films d'auteurs comme Alain Tanner (Jonas qui aura 20 ans en l'an 2000, 1976), Roman Polanski (Le Locataire, 1976), Alain Fleischer (Zoo zéro, 1979) ou Jean-Luc Godard (Soigne ta droite, 1987). Les années 90 marquent son retour à l'écran grâce à sa participation des films en costumes (L'Autrichienne, Pierre Granier-Deferre, 1990 ; Lacenaire, Francis Girod, 1990) et surtout grâce à sa rencontre avec un duo de cinéastes débutants, Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet. Il intègre leur univers baroque grâce au rôle du voisin dans la cave de Delicatessen (1990) et devient une "gueule" de leur cinéma. Il est ainsi La Pelade dans La Cité des enfants perdus (1995) avant de devenir (pour le seul Jeunet) le père, amateur de nains de jardin, de l'héroïne du Fabuleux Destin d'Amélie Poulain (2001). Le triomphe du film lui vaut une nomination au César du second rôle. Entre ces deux films, il aura retrouvé Claude Lelouch pour lequel il incarne de façon inattendue le père Thénardier dans Les Misérables (1994), et rencontré Radu Mihaileanu qui lui confie un personnage de juif intégriste se faisant passer pour un SS pour sauver d'autres juifs des camps de la mort dans Train de vie (1998). Désormais très sollicité par les réalisateurs les plus divers, Rufus ne cesse de tourner, accumulant comédies (Iznogoud, Patrick Braoudé, 2004 ; Madame Edouard, Nadine Monfils, 2004 ; Les irréductibles, Renaud Bertrand, 2006 ; King Guillaume, Pierre-François Martin-Laval, 2009...), thrillers (A ton image, Aruna Villiers, 2004), drames (Les Aiguilles rouges, Jean-François Davy, 2006)… Il joue aussi dans Liberté (Tony Gatlif, 2009), évocation de la déportation des roms durant la Seconde Guerre mondiale, tient le rôle d'un prêtre proche de la future sainte dans la reconstitution de la vie de Bernadette Soubirous qu'est Je m'appelle Bernadette (Jean Sagols, 2011), et est l'ex-marin Piquoiseau dans le Marius (2013) de Daniel Auteuil d'après Marcel Pagnol… Si sa collaboration avec Jeunet se clôt sur une courte apparition dans Un long dimanche de fiançailles (2004), Rufus en entame une autre avec Jean-Pierre Mocky dont il intègre la galerie d'habitués avec Crédit pour tous (2011), Les Insomniaques (2011) et A votre bon cœur mesdames (2013). Parmi ses nombreuses petites incursions dans le paysage cinématographique francophone (Bienvenue à Marly-Gomontt, Knock, Vive la crise!,  Au nom de la terre, Ibrahim, Tas pas changé), Claude Lelouch le rappelle de nouveau pour Salaud, on t’aime (2013), Chacun sa vie (2016) et La Vertu des impondérables (2019, TV). Après Otar Iosseliani qui lui confie l’un de ses rôles les plus importants pour Chant d’hiver en 2014, Rufus retrouve un premier rôle en 2020 avec le moyen métrage de Jean-Baptiste Delannoy, Family

Autres activités :

Rufus mène une importante carrière théâtrale, jouant aussi bien Albert Camus que Samuel Beckett, Woody Allen, Alina Reyes, Eric-Emmanuel Schmitt, Patrick Cauvin ou Jean Anouilh. Il se produit également en one-man-show dans des cafés-théâtres. Il a obtenu le Molière du one-man-show en 1993 pour le spectacle Qui vous savez . Rufus est l'auteur de plusieurs pièces et spectacles, dont Auguste et Le Don Quichotte . Il écrit des livres pour enfants, des romans et de la poésie.

Filmographie

Longs métrages

Acteur

Voix (doublage)

Bibliographie éditoriale

  • Périodique : Continental Film Review, vol. 25 n° 6, avril 1978