Tchéky Karyo
Personnalité
Interprète : années 1980-2020
Nationalité : Turquie
Naissance : 04/10/1953 - Turquie - Istamboul, Marmara
Décès : 31/10/2025 - France - Quimper, Finistère
Identité
Genre : homme
Naturalisation : France
État civil :
- Baruh Djaki Karyo
Fonctions : Acteur, Annotateur
Biographie
Formation :
Formé sur les planches avec la compagnie Daniel Benoin Sorano à partir de 1974, Tcheky Karyo entre au Théâtre National de Strasbourg en 1975 et suit les cours de Philippe Clévenot et Jean-Pierre Vincent. Il s'impose d'abord sur scène au début des années 1980 avant d'être adopté par le cinéma.Carrière :
Remarqué pour sa puissance physique et son visage tourmenté, Tcheky Karyo se distingue par une filmographie d'un rare éclectisme. Incarnant tour à tour des personnages de brute ou d'homme sensible, il ne s'attache à aucun genre particulier.
Il fait ses débuts à l'écran dans Le Retour de Martin Guerre (Daniel Vigne, 1982) et est très remarqué la même année en incarnant Petrovic, le tueur fou de La Balance (1982) de Bob Swaim, récoltant une nomination au César du meilleur espoir. La profondeur de ses interprétations et son apparente force tranquille en font aussi un acteur fétiche du cinéma d'auteur : Romain Goupil lui confie ainsi le rôle principal de La Java des ombres (1983), un ex-militant d'extrême gauche. Il tourne aussi avec René Allio, Chantal Akerman, Andrzej Zulawski ou Eric Rohmer. Dans Les Nuits de la pleine lune (1984) de ce dernier, il campe un jeune homme tendre et casanier au côté de Pascale Ogier. En parallèle, il apparaît aussi dans plusieurs films musclés, aux côtés de Jean-Paul Belmondo (Le Marginal, Jacques Deray, 1983) ou Lambert Wilson (Bleu comme l'enfer, Yves Boisset, 1985). Le succès international de L'Ours (Jean-Jacques Annaud, 1988), où il incarne un chasseur protégeant un ourson, puis celui du mentor de l'héroïne de Nikita (Luc Besson, 1990) lui ouvrent d'autres portes. S'il ne néglige pas le cinéma d'auteur (il tourne pour Eduardo De Gregorio, Yannick Bellon et incarne le peintre Van Gogh dans Vincent et moi, Michael Rubbo, 1990), il tente en effet l'aventure américaine. Ridley Scott le remarque et l'emploie en compagnon de Gérard Depardieu dans 1492 : Christophe Colomb (1992). Il interprète l'un des découvreurs du sida, le docteur Rozenbaum, dans Les Soldats de l'espérance (Roger Spottiswoode, 1993), participe à la saga des James Bond en incarnant le ministre russe de la Défense de Goldeneye (Martin Campbell, 1995), joue un officier français participant aux combats pour l'indépendance américaine dans The Patriot : les chemins de la liberté (Roland Emmerich, 2000)... Très présent sur les écrans américains au fil des années, il aligne des rôles de durs (Bad Boys, 1994, de Michael Bay) ou de french lover (Addicted to Love, 1997, de Griffin Dunne), apparaissant dans des séries Z de science-fiction (Wing Commander, Chris Roberts, 1999), comme dans des oeuvres plus subtiles (The Way - la route ensemble, Emilio Estevez, 2010). Souvent là où on ne l'attend pas, Tcheky Karyo mène une carrière internationale qui le conduit à participer à des coproductions comme la nouvelle version de L'Atlantide (Bob Swaim, 1992), dans le rôle du capitaine Morhange, ou Nostradamus (Roger Christian, 1994), où il tient le rôle-titre. Il tourne également en Italie ou au Brésil. En France, il est toujours aussi peu soucieux de la distinction cinéma grand public/cinéma d'auteur, et déclare dans Les nouveaux acteurs du cinéma français (Isabelle Danel, éd. Lherminier, 1986) : " Je ne m'arrête pas aux stéréotypes. Je suis acteur avant tout, donc toutes les choses où il y a possibilité de création, d'expression d'une sensibilité, m'intéressent." On le voit donc en avocat de Sylvie Vartan dans le drame de Jean-Claude Brisseau L'Ange noir (1993), en détective dans le thriller de Christophe Gans Crying Freeman (1995), en inspecteur sadique dans le très violent Dobermann (1997) de Jan Kounen, mais aussi dans le rôle de Molière dans Le Roi danse (2000) de Gérard Corbiau. Son ami Luc Besson fait à nouveau appel à lui pour son Jeanne d'Arc (1999) - où il incarne Dunois, l'un des principaux compagnons d'armes de la Pucelle - mais aussi pour le film d'action Le Baiser mortel du dragon (2001) qu'il produit et que signe Chris Nahon. Même s'il tourne moins dans les années 2000, il n'en reste pas moins régulièrement présent dans de grosses productions des années 2000 (Un long dimanche de fiançailles, Jean-Pierre Jeunet, 2004 ; Jacquou le croquant, Laurent Boutonnat, 2007 ; Jappeloup, Christian Duguay, 2013...). Il tient ses rôles les plus marquants de la période dans le polar Les Lyonnais (Olivier Marchal, 2011) et l'adaptation de la série télévisée familiale Belle et Sébastien (Nicolas Vanier, 2013), à savoir un truand lyonnais et un vieux berger bourru mais sympathique. Entre 2015 et 2025, il multiplie les présences dans des films d'épaisseur dramatique et de genre. On le retrouve dans Une sirène à Paris (Mathias Malzieu, 2019), une comédie romantique teintée de poésie où il incarne Camille, puis dans Mystère (Denis Imbert, id.) en Bruno, incarnant un personnage à la fois complexe et intrigant. En 2022, il participe à Une comédie romantique (Thibault Segouin), et continue de cultiver un cinéma populaire fréquentant aussi bien le thriller et le film d’auteur. 2023 voit sa participation à plusieurs projets français qui confirment son éclectisme et sa quête constante de personnages riches et nuancés. En 2025, il est à l'affiche de Rapide (Morgan S. Dalibert, 2024), contribuant à des œuvres contemporaines en phase avec les tendances actuelles du cinéma français. À travers ces choix variés, Tcheky Karyo continue d'alterner avec une même énergie rôles emblématiques dans des films populaires et projets d’auteur moins connus, fidèlement à sa devise de ne jamais s'arrêter aux stéréotypes.