Rosine Delamare

Personnalité

Créatrice des costumes, costumière, décoratrice : 1930-1980

Nationalité :  France

Naissance :  11/06/1911 - France - Colombes, Seine

Décès :  17/03/2013 - France - Paris, Paris, Ile-de-France

Identité

Genre : femme

État civil :

  • Denise Rosemonde Delamare

Fonctions : Créateur des costumes, Créateur des maquettes, Chef décorateur, Créateur de costumes, Auteur

Biographie

Formation :

Issue d'un milieu d'artistes et d'intellectuels, (son grand-père paternel était un célèbre peintre ornemaniste de la Belle Époque et son père un journaliste et homme de lettres), Rosine Delamare étudie le dessin dans les ateliers de la ville de Paris et à la célèbre académie de la Grande Chaumière, fréquentée en leur temps par le peintre Modigliani et les sculpteurs Zadkine et Bourdelle. À 16 ans, elle livre des dessins d'illustration de mode et de petites bandes dessinées pour des journaux et travaille comme décoratrice-étalagiste pour plusieurs magasins. Elle participe aux décors et aux costumes de certaines pièces de théâtre écrites par son père Georges Delamare, et collabore en 1938 à la création des costumes du film d'Alexandre Esway Barnabé. C'est une rencontre avec Julien Duvivier en 1939 qui va déterminer son avenir au cinéma. Le cinéaste l'engage comme costumière pour Untel père et fils dont le tournage a lieu à Nice, dans les Studios de La Victorine entre 1939 et 1940.

Carrière :

Rosine Delamare est l'une des grandes costumières du cinéma français. Sa carrière s'étend sur quatre décennies, avec un pic d'activité dans les années 1950. Spécialisée dans les costumes historiques, elle a beaucoup représenté la Belle Époque.
Rosine Delamare débute dans la profession à l'orée de la Seconde Guerre mondiale. Durant l'Occupation allemande, elle travaille pour la Continental Films, une société de production cinématographique française financée par des capitaux allemands qui, malgré l'occupant nazi, garde une certaine liberté d'expression et bénéficie de budgets conséquents. Des crédits importants sont alloués aux matériaux nécessaires aux décors et aux costumes. Rosine Delamare travaille durant cette période sombre avec des réalisateurs auxquels elle demeurera fidèle après la guerre. Sa coopération avec Christian-Jaque est à cet égard exemplaire : commencée en 1941 avec La Symphonie fantastique, elle se poursuit avec Boule de Suif en 1945 et D'homme à hommes en 1948, puis au cours des années 1950 et 1960 avec, entre autres, L'Homme à l'imperméable en 1956 et Les Amours de Lady Hamilton en 1968.
Avec l'Après-guerre s'ouvre pour Rosine Delamare une période particulièrement productive. La costumière participe à plus de 50 films français, enchaînant parfois plus de 10 films par an, comme en 1953, année durant laquelle elle signe les costumes de L'Affaire Maurizius de Julien Duvivier, Dortoir des grandes d'Henri Decoin ou Madame de... Le Rouge et le noir (1954), Marguerite de la nuit (1955), René Clair (Les Belles de nuit (1952), Porte des Lilas (1956), ou Jean Renoir (French Cancan (1954), Elena et les hommes (1955). Elle inscrit son nom au générique d'autres films tous aussi célèbres, notamment La Reine Margot de Jean Dréville (1954), Les Grandes manoeuvres de René Clair (1955) ou Les Aventures de Till l'espiègle de Gérard Philipe (1956). La costumière travaille parfois pour des films étrangers (Les racines du ciel de John Huston en 1958 ou Katia de Robert Siodmak en 1959), mais son activité est essentiellement tournée vers le cinéma français. De film en film, Rosine Delamare retrouve les mêmes équipes techniques, avec lesquelles elle établit une intime complicité professionnelle : en 1954, sur le tournage du film de Claude Autant-Lara Le Rouge et le noir, elle rencontre le décorateur Max Douy. Rosine Delamare tient compte de sa ligne sobre et épurée pour mettre en accord ses costumes. Le dialogue qu'elle instaure avec le scénario, la lumière et les décors permet d'installer entre eux une harmonie, ou au contraire de les faire entrer en opposition. Rosine Delamare travaille également à plusieurs reprises avec les décorateurs Léon Barsacq et Jean d'Eaubonne et les chefs-opérateurs Henri Alekan, Armand Thirard et Christian Matras. Ses costumes, considérés comme des éléments partie prenante de la mise en scène, sont toujours pensés en amont en fonction des mouvements de caméra et du cadrage.
La costumière se spécialise dans le costume historique, excellant à recréer l'atmosphère d'une époque, à partir de ses recherches iconographiques en bibliothèque. Le Cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale, la bibliothèque de l'Arsenal et celle des Arts décoratifs de Paris sont pour elle des sources documentaires inestimables. Dans un souci de retrouver une certaine vérité historique, Rosine Delamare étudie aussi les pièces conservées dans les musées afin de choisir les matières qui se rapprochent des tissus authentiques et observer les détails de coupe. Elle réalise de nombreuses esquisses, à la mine de graphite, la gouache, l'encre ou l'aquarelle. Par les lignes et les couleurs, elle définit une part de l'ambiance visuelle du film, esquissant des décors pour mettre en situation les personnages. Elle épingle des échantillons de tissus sur certaines maquettes et sollicite parfois des maisons de couture parisiennes pour la réalisation des costumes, sous sa direction. Aux fibres modernes et synthétiques, elle préfère les tissus naturels, jugés plus authentiques, comme la laine, le lin, la soie, le coton. Il faut parfois "user" les costumes, les "rendre vieux" pour plus de vérité. Rosine Delamare les patine, les gratte avec une râpe à fromage ou du papier de verre, les graisse avec du savon noir ou délaye de l'encre de Chine avec de l'eau et en imprègne les tissus pour qu'ils soient lustrés sur les revers ou au col. Les costumes des figurants, qui représentent un budget important, ne sont pas créés sur mesure, mais puisés dans des stocks de location.
L'activité de Rosine Delamare décroît dans les années 1960, presqu'entièrement consacrées aux très populaires séries Angélique et Pardaillan de Bernard Borderie, parmi lesquelles Le Chevalier de Pardaillan (1962), Angélique, marquise des anges (1964) ou Angélique et le sultan (1967). L'arrivée de la Nouvelle Vague, portée vers des tournages en extérieur et sans costumes élaborés la contraint à se reconvertir quelques années en modéliste, créant des prototypes de vêtements à partir d'un dessin réalisé par un styliste, pour la Maison Jean Patou à Paris et le prêt-à-porter en France et à Los Angeles. Les années 1970 voient son activité diminuer encore. Rosine Delamare travaille sur une petite dizaine de films, dont Les Pétroleuses de Christian-Jaque (1971) ou Une femme fidèle de Roger Vadim (1976), en plus de quelques coproductions étrangères (Chacal de Fred Zinnemann (1972) ou I love you, je t'aime de George Roy Hill (1978). Trois derniers films, dont le célèbre Fort Saganne d'Alain Corneau en 1983 clôturent en beauté une carrière d'une exceptionnelle longévité.

Autres activités :

Rosine Delamare est aussi costumière de théâtre pour une vingtaine de pièces, ainsi que pour quelques ballets et films pour la télévision.

Filmographie

Courts métrages

Créateur des costumes

Longs métrages

Créateur des costumes

Créateur des maquettes

Liens familiaux

Enfant de :

Frère/Sœur de :

Collections liées