Pascaline Chavanne
Personnalité
Créatrice des costumes, costumière : années 1990-2020
Nationalité : Belgique
Naissance : 01/01/1968 - 31/12/1968(?) - Belgique - Wanze, Liège
Identité
Genre : femme
Fonctions : Créateur des costumes
Biographie
Formation :
Pascaline Chavanne étudie la scénographie à L'Académie royale des Beaux-Arts de Liège. Elle poursuit sa formation à l'École Supérieure des Arts appliqués de Paris, et se spécialise dans le costume historique. Ses débuts au théâtre comme scénographe, mais aussi comme créatrice de décors et de costumes, lui font prendre conscience de son attirance pour la matérialité des costumes. En 1996, Pascaline Chavanne réalise les costumes pour un film à très petit budget, Julie est amoureuse de Vincent Dietschy. Sur le tournage, elle rencontre Hubert Barbin, premier assistant réalisateur de François Ozon, qui la fait travailler en 1998 sur les costumes du film de Laurent Achard, Plus qu'hier, moins que demain .Carrière :
Récompensée par plusieurs Césars, Pascaline Chavanne est notamment la chef costumière principale de François Ozon, qu'elle accompagne depuis la fin des années 1990.
La rencontre de Pascaline Chavanne et de François Ozon est décisive. Elle débute avec Les Amants criminels en 1998. Leurs sensibilités se rejoignent. La costumière déclare avoir grandi professionnellement à ses côtés. Créateur d'un univers très personnel, différent à chaque fois, François Ozon accorde une importance primordiale à l'aspect visuel de ses films et manifeste une grande sensibilité pour les costumes. Huit femmes (2001) constitue une étape importante dans la carrière de Pascaline Chavanne. L'enjeu est de relier chaque actrice à une couleur dominante. Comme l'indique le générique du début, le nom de chaque comédienne est associé à une fleur (Catherine Deneuve à une orchidée, Virginie Ledoyen à une rose), dont la couleur et la symbolique déterminent le trait de caractère dominant du personnage : la couleur de Pierrette (Fanny Ardant) est le rouge vif, qui représente l'amour passionnel et charnel, celle de Catherine (Ludivine Sagnier) est le vert, symbolisant l'innocence et la jeunesse. Augustine (Isabelle Huppert) est représentée par le brun, associé au refoulement. Dans le générique du film, elle est la seule à ne pas être représentée avec une fleur mais avec un fruit de roucou, un fruit à épines qui à l'intérieur révèle des graines rouges. Les costumes représentent ainsi dans Huit femmes un élément essentiel de la dramaturgie. La méthode de travail avec François Ozon est comparable de film en film : la réflexion de Pascaline Chavanne commence par la lecture du scénario, avec au départ très peu d'indications de la part du metteur en scène, qui lui conseille parfois de visionner certains films. Puis vient un important travail de recherche. La costumière compose un dossier iconographique à partir du scénario, accumulant les images. Elle fait ensuite des propositions sur photographies, puis directement avec des vêtements réels (Pour Potiche (2009), les costumes sont clairement inspirés de films et d'émissions du milieu des années 1970). Pascaline Chavanne explore de nombreuses pistes et rencontre très souvent les acteurs pour des séances d'essayage. Pour elle, les bons costumes sont ceux qui correspondent à la dramaturgie du film. Il est fondamental de les intégrer à la mise en scène. Les costumes réussis sont ceux qui sont invisibles. C'est aussi par le costume que l'acteur investit son personnage. Pour Une nouvelle amie (2013), l'enjeu est de taille : l'acteur principal, Romain Duris, incarne à la fois un personnage masculin (David) et son double féminin (Virginia). Pascaline Chavanne a dû faire des recherches spécifiques pour trouver les vêtements de femme et les accessoires "justes", afin que le comédien, au cours de multiples essayages, parvienne à s'emparer de son personnage. Elle raconte l'émotion de ce moment "magique" où Romain Duris, faisant quelques pas juché sur une paire de talons-aiguille, coiffé d'une perruque, a réussi à trouver ce double féminin et commencé à l'incarner. Si elle a collaboré à presque tous les films de François Ozon, Pascaline Chavanne a aussi travaillé avec d'autres cinéastes : Anne Fontaine (Nathalie, 2003 et Gemma Bovery, 2013), et Emmanuelle Bercot (Elle s'en va, 2012), avec Catherine Deneuve ou (La Tête haute, 2014). Christophe Honoré fait appel à elle pour plusieurs films : Les Bien-aimés (2010), Métamorphoses (2013), Les Malheurs de Sophie (2015), ou Plaire, aimer et courir vite (2017). Pour Renoir de Gilles Bourdos (2011), elle crée des costumes évoquant la fin des années 1910, dernières années de la vie du peintre Auguste Renoir (incarné par Michel Bouquet), ce qui lui vaut de remporter le César des meilleurs costumes en 2014. De même, elle réalise des costumes de la fin du XIXe siècle pour Augustine d'Alice Winocour (2011), mettant en scène la chanteuse Soko et l'acteur Vincent Lindon dans le rôle du professeur de médecine Charcot. Pour J'accuse de Roman Polanski (2018), elle recrée les costumes militaires portés à l'époque de l'Affaire Dreyfus. Pascaline Chavanne aime travailler avec les matériaux anciens, qu'elle déniche en chinant. Elle est en contact avec ceux qu'elle désigne sous le terme d'antiquaires du vêtement, achetant des tissus anciens, qu'elle retravaille et patine pour se rapprocher de l'âme de l'époque du film. Également remarquable est son travail réalisé avec Joann Sfar pour le film Gainsbourg (Vie héroïque) en 2009 : dans cette biographie fantasmagorique de Serge Gainsbourg, le dessinateur-cinéaste livre sa vision personnelle du chanteur. Créateur d'un univers visuel très original, Joann Sfar a sur ce film beaucoup communiqué avec Pascaline Chavanne par le dessin. Pour la costumière, le plus difficile a été de concevoir le personnage du double démoniaque de Gainsbourg, le Gainsbarre et son avatar, La Gueule, au long nez et aux immenses doigts griffus. Cette créature a été réalisée en carton et en latex. Elle s'inspire du personnage du vampire des bandes dessinées de Joann Sfar. Pascaline Chavanne poursuit sa collaboration avec François Ozon sur des films marquants comme Frantz (2015), nominé aux César pour ses costumes évoquant l’après-Première Guerre mondiale. En 2017, L’Amant double confirme leur complicité autour d’une esthétique psychédélique mêlant références années 1970 et surréalisme. Leur association se renforce avec Grâce à Dieu (2018), où son travail sobre sert le réalisme social, puis Été 85 (2019) et ses tenues estivales des années 1980 chargées de nostalgie. Après Mon crime et ses costumes années 50, elle explore une palette chromatique organique en harmonie avec les décors champêtres avec Quand vient l’automne (2024). Son expertise historique brille chez Roman Polanski dans J’accuse (2018), reconstituant avec précision les uniformes militaires de l’Affaire Dreyfus. Christophe Honoré fait appel à elle pour Les Malheurs de Sophie (2015) et Plaire, aimer et courir vite (2017), avant leur récente collaboration sur Marcello Mio (2024) où elle habille Chiara Mastroianni en incarnation de Marcello Mastroianni. Sa méthode reste inchangée : recherches iconographiques approfondies, collaboration étroite avec les réalisateurs, et importance cruciale des essayages pour incarner les personnages.