Fabrice Luchini

Personnalité

Interprète, producteur... : années 1960-2020

Nationalité :  France

Naissance :  01/11/1951 - France - Paris, Seine

Identité

Genre : homme

Pseudonyme(s) :

  • Fabrice Lucchini

État civil :

  • Robert Luchini

Fonctions : Acteur, Voix off, Annotateur, Auteur primaire

Biographie

Formation :

Issu d'une famille très modeste, peu doué à l'école mais passionné de littérature, Fabrice Luchini travaille dès l'âge de treize ans dans un salon de coiffure. Le réalisateur Philippe Labro le remarque dans une boîte de nuit et lui donne son premier petit rôle à l'écran dans Tout peut arriver (1969). Le jeune homme trouve alors sa voie et s'inscrit au cours d'art dramatique de Jean-Laurent Cochet.

Carrière :

Acteur virtuose du verbe et de la nuance, Fabrice Luchini s’est imposé comme l’une des figures majeures du cinéma français, alliant exigence littéraire et humour populaire. De La discrète à L’Hermine, il incarne une intelligence du jeu rare, où la parole devient un art et la comédie, une forme de vérité.
Après Philippe Labro, Fabrice Luchini fait une autre rencontre décisive : celle d'Eric Rohmer. Avec Le genou de Claire (1970), les deux hommes débutent une collaboration riche de six films qui vont donner à l'acteur une certaine notoriété ; on se souvient surtout de Les Nuits de la pleine lune (1984). Luchini alterne les films d'auteur comme Vincent mit l'âne dans un pré (Pierre Zucca, 1975) et les comédies légères comme P-R-O-F-S (Patrick Schulman, 1985). Son jeu si particulier combine l'humour et la désinvolture avec un goût irrépressible pour le discours. Sa diction très personnelle, presque maniérée, contribue au succès inattendu de La discrète (1990) de Christian Vincent, qui le fait connaître au grand public. Acteur consacré, il participe à de savoureuses comédies où sa drôlerie cynique et romantique fait mouche, comme dans Riens du tout (Cédric Klapisch, 1991) ou L'année Juliette (Philippe Leguay, 1994). La même année il reçoit le César du meilleur second rôle pour son personnage de Fabrice Lenormand dans le film de Lelouch Tout ça pour ça (1993). Depuis le milieu des années 1990, les réalisateurs lui confient des rôles plus exigeants, et Fabrice Luchini, devenu un acteur recherché, occupe le haut de l'affiche. Il affectionne les films historiques, comme Beaumarchais l'insolent (Edouard Molinaro, 1995), Le Bossu (Philippe de Broca, 1997), Molière ou le comédien malgré lui (Laurent Tirard, 2006). Mais l'homme de scène qu'il est compose des personnages décalés, compliqués, perdus ou en fort questionnement. C'est le cas dans Rien sur Robert (Pascal Bonitzer, 1998), Confidences trop intimes (Patrice Leconte, 2003), Paris (Klapisch, 2006) ou La Fille de Monaco (Anne Fontaine, 2007). Cela n'empêche pas Fabrice Luchini de jouer dans des films très populaires où il met son jeu sophistiqué et nuancé au service de la comédie. On retiendra évidemment Jean-Philippe (Laurent Tuel, 2005) où il donne la réplique à Johnny Halliday. Volontiers cabotin et provocateur, très à l'aise dans les médias, maniant la langue française à la perfection, Luchini apparaît à la fois comme un artiste élitiste mais aussi grand public. En 2007, Luchini revient à ses amours du cinéma historique et du costume en incarnant M. Jourdain dans Molière ou le comédien malgré lui (2006) de Laurent Tirard, où il conjugue verve comique et réflexion sur la création artistique. En 2009, avec Potiche de François Ozon et l’année suivante Les Femmes du 6 étage (2010) de Philippe Le Guay, il confirme qu’il peut être à la fois comédien grand public — patron bourgeois grinçant puis maître de maison invité — et porteur d’une satire sociale faussement légère. En 2011, Dans la maison de François Ozon lui offre un rôle de professeur manipulateur ; son discours ciselé fait merveille et lui vaut une nouvelle reconnaissance critique. En 2012, il retrou­ve Le Guay pour Alceste à bicyclette, variation métaphysique sur la jalousie et le théâtre : dans ce huis-clos de deux hommes, Luchini donne à son personnage une acuité réflexive et une autodérision inattendues. Il poursuit ce chemin d’acteur « sérieux » tout en restant accessible. En 2013, dans Gemma Bovery (Anne Fontaine), il prête à la figure du libraire M. Joubert une ironie douce-amère. En 2015, avec L’Hermine de Christian Vincent, il signe une prestation plus grave — le président d’une cour d’assises — et repart avec la coupe Volpi à Venise, sacrement tardif mais mérité. À la fin de la décennie, il élargit encore son registre : dans Un Homme Pressé (2017), il prête à un banquier frappé d’aphasie une humanité troublante. Dans L’Empereur de Paris (id.), il campe Fouché, machiavélique et ambigu, dans une fresque historique grand public. Puis, en 2018, il incarne Paul Théraneau dans Alice et le maire (Nicolas Pariser) : un maire en panne d’idées, plein de mots et de silences, que Luchini interprète avec finesse et nuance. Les années 2020 voient le comédien continuer à varier les genres : en 2023, il apparaît dans Mon Crime de François Ozon, où il joue un juge au bord de la dérive ; la même année, dans La Petite de Guillaume Nicloux, il tient le rôle bouleversant d’un père face à un drame familial. Fabrice Luchini joue un archéologue original dans la comédie de Barbara Schulz : Le Secret de Khéops (2024).


Autres activités :

Fabrice Luchini excelle au théâtre, sa passion première, et donne régulièrement des lectures des grands écrivains qu'il affectionne comme La Fontaine, Nietzsche, Céline, Barthes ou Philippe Muray. Il y révèle des facettes plus sombres et grinçantes.

Filmographie

Longs métrages

Acteur

Bibliographie éditoriale

  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 407/408, mai 1988
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 470, jullet/août 1993
  • Périodique : Cinématographe, n° 60, septembre 1980
  • Périodique : Première, n° 211, octobre 1994
  • Périodique : Première, n° 229, avril 1996
  • Périodique : Revue du Cinéma (La), n° 444, décembre 1988
  • Site Internet : Filmographie, biographie, adresse, photos...

Récompenses et nominations

  • 2015 - Coupe Volpi du meilleur acteur - Mostra Internazionale d'Arte Cinematografica (Venezia) - L'Hermine - Obtenu
  • 1994 - Meilleure interprétation masculine dans un 2d rôle - César du Cinéma Français - Tout ça... pour ça ! - Obtenu

Liens familiaux

Parent de :