Carrière :
Acteur emblématique de la communauté noire américaine, à la fois pour ses rôles très engagés chez Spike Lee et pour les nombreuses récompenses glanées au fil d'une carrière exceptionnelle, Denzel Washington a su se dégager de cette image pour devenir l'un des comédiens les plus respectés et appréciés d'Hollywood. Il débute sa carrière au cinéma dans une comédie très oubliée, Carbon Copy
(Michael Schultz, 1981).
Mais c'est en 1987 qu'il se fait remarquer. Il campe l'activiste noir anti-apartheid Steve Biko dans Cry freedom
(Richard Attenborough, 1987), aux côtés de Kevin Kline. Après ce premier rôle qui marque son engagement pour la cause des Noirs et qui lui vaut sa première nomination aux Oscars, il est récompensé par un Oscar du meilleur second rôle pour sa performance en soldat nordiste dans Glory
(1990) de Edward Zwick.
En 1990, il rencontre le réalisateur Spike Lee dont il devient l'interprète fétiche. Celui-ci lui confie le rôle du trompettiste de jazz Bleek Gilliam dans Mo'Better Blues
. Denzel Washington joue à nouveau pour Lee deux ans plus tard. Il endosse le rôle éponyme de Malcolm X
, le charismatique et controversé leader musulman américain. Ce film fait de Washington l'icône de la communauté black. Il retrouve son réalisateur de prédilection en 1998 pour He Got Game
où il incarne le père criminel d'une jeune star du basket puis, après une longue séparation, pour le thriller Inside Man
2006).
S'il sait se diversifier en jouant autant dans des films policiers (Ricochet
, 1991, de Russel Mulcahy) que dans des oeuvres intimistes (Mississipi Masala
, 1991, de Mira Nair) ou des adaptations shakespeariennes (Beaucoup de bruit pour rien
, 1993, de Kenneth Branagh), il interprète le plus souvent des défenseurs de la vérité, de la justice, voire de la démocratie. Ainsi, dans Philadelphia
(1993) de Jonathan Demme, il campe un avocat prenant la défense d'un confrère séropositif. Dans L'Affaire pelican
, 1993) de Alan J. Pakula, face à Julia Roberts, il défend une jeune étudiante contre des tueurs de juges. Dans USS Alabama
, 1995) de Tony Scott, il s'oppose à un commandant de sous-marin nucléaire prêt à déclencher une guerre. Dans Couvre-feu
(Edward Zwick, 1998), il est un agent du FBI qui s'oppose à un général ayant instauré la loi martiale dans New York à la suite d'attentats terroristes, etc.
Acteur intense et très engagé dans ses rôles, Washington a régulièrement choisi ceux-ci comme des causes. C'est le cas pour le personnage-titre de Hurricane Carter
(Norman Jewison, 1999), un boxeur injustement condamné pour meurtre, qui lui vaut un Golden Globe et un Ours d'argent à Berlin (le second après Malcolm X
). C'est pourtant en cassant son image et en passant du côté des méchants dans le polar Training Day
(Antoine Fuqua, 2001) que Denzel Washington entre dans la légende en devenant le premier comédien Noir à obtenir l'Oscar du meilleur acteur depuis Sidney Poitier trente-sept ans plus tôt !
Après ce nouveau succès, il enchaîne les thrillers et les films d'action, notamment sous la direction de Carl Franklin (Out of Time
, 2003), Jonathan Demme (Un crime dans la tête
, 2004), Daniel Espinosa (Sécurité rapprochée
, 2012) mais surtout Tony Scott dont il devient le comédien préféré jusqu'à sa disparition (Man on Fire
, 2004 ; Déjà vu
, 2006 ; L'Attaque du métro 123
, 2009 ; Unstoppable
, 2010).
Durant la même période, il partage avec Russell Crowe l'affiche d'un ambitieux polar situé dans les années 70, American Gangster
de Ridley Scott (2007), où il incarne un puissant parrain de la drogue. Il impressionne dans un autre contre-emploi, celui du pilote de ligne alcoolique de Flight
de Robert Zemeckis (2012) où sa performance tout en nuances lui vaut une nouvelle nomination aux Oscars.
Auréolé de ces succès publics et critiques, Denzel Washington s'est essayé à la réalisation en 2002, signant Antwone Fisher
dans lequel il joue également un psychiatre de la Navy. Le film, qu'il a aussi produit, est accueilli sans grand enthousiasme et ce n'est que cinq ans plus tard que la star passera à nouveau derrière la caméra pour The Great Debaters
(2007), un drame dont il partage la vedette avec Forest Whitaker.