Lalo Schifrin
Personnalité
Compositeur, arrangeur, musicien... : années 1950-2020
Nationalité : Argentine
Naissance : 21/06/1932 - Argentine - Buenos Aires, D.F.
Identité
Genre : homme
Naturalisation : Etats-Unis
État civil :
- Boris Claudio Schifrin
Fonctions : Acteur, Compositeur de la musique originale, Compositeur des chansons originales, Compositeur de la musique préexistante, Annotateur
Biographie
Formation :
Lalo Schifrin naît dans une famille de musiciens accomplis. Son père, Luis Schifrin, est premier violon et chef d'orchestre du Teatro Colón, la prestigieuse salle d'opéra de Buenos Aires. Il reçoit très jeune une éducation musicale approfondie (piano et solfège), dispensée par d'éminents professeurs, parmi lesquels Enrico Barenboim, père du futur chef d'orchestre Daniel Barenboim, et le compositeur Juan Carlos Paz. Lalo Schifrin découvre aussi le cinéma et le rôle expressif que la musique peut y tenir, attentif en particulier aux partitions écrites pour le grand écran par Max Steiner ou Franz Waxman. Au début des années 1950, sa formation initiale classique s'enrichit d'une autre culture, celle du jazz, dont les albums sont alors introuvables en Argentine. Le jeune homme entreprend des études de droit. Mais sa passion musicale l'emporte. À 22 ans, il part à Paris suivre les cours du Conservatoire National Supérieur de musique et de danse. Il aura comme professeur Olivier Messiaen.Carrière :
Pianiste virtuose, chef d'orchestre, arrangeur, célèbre pour son métissage musical, Lalo Schifrin est le compositeur de bandes originales mondialement connues, dont le thème de Mission : Impossible, mais aussi les partitions de Bullitt, L’Inspecteur Harry, Opération Dragon ou encore Rush Hour, qui ont durablement marqué l’imaginaire du cinéma populaire.
C'est en France que Lalo Schifrin débute sa carrière comme arrangeur et pianiste dans des clubs de jazz. En 1955, à la salle Pleyel, il représente l'Argentine avec son compatriote Astor Piazzolla lors du Festival international de jazz de Paris, et enregistre la même année son premier album, Rendez-vous dansant à Copacabana. De retour à Buenos Aires en 1956, Lalo Schifrin fonde avec quinze autres musiciens l'un des premiers orchestres de jazz argentin, qui se produit avec succès à la télévision. Toujours passionné de cinéma, il compose en 1957 sa première musique de film pour El Jefe de Fernando Ayala. La même année, le trompettiste de jazz Dizzy Gillespie, en tournée en Amérique du Sud, le remarque et l'engage comme pianiste-arrangeur de son quintette. Schifrin lui compose en 1960 un album éblouissant, Gillespiana, sous le label de jazz américain Verve, dont est propriétaire est la Metro-Goldwyn-Mayer, qui le prend sous contrat en 1963. À cette date, Lalo Schifrin a quitté l'orchestre de Gillespie pour celui de Quincy Jones, et compose aussi pour Count Basie ou Stan Getz. La MGM le recommande au cinéaste français René Clément pour son thriller Les Félins, une coproduction franco-américaine avec Alain Delon et Jane Fonda. C'est avec ce film, en 1963, que le musicien révèle son potentiel créatif, combinant de façon profondément originale musique symphonique, jazz et électronique. Il exprime avec talent sa conception du rôle de la musique à l'écran comme élément essentiel de la dramaturgie. Il construit sa notoriété en signant des musiques nerveuses, taillées sur mesure pour des scènes de suspense. Dans les années 1960, Schifrin enchaîne les musiques de films : Les Tueurs de San Francisco de Ralph Nelson et Le Kid de Cincinnati de Norman Jewison en 1964, ou Bullitt de Peter Yates avec Steve McQueen en 1968. Fort de sa vaste culture musicale, il expérimente de nouvelles matières sonores, de nouvelles couleurs orchestrales. Parallèlement à sa carrière au cinéma, Lalo Schifrin signe les musiques de séries télévisées américaines à succès, exportées dans de nombreux pays : Alfred Hitchcock présente diffusée aux États-Unis entre 1955 et 1960 ; Des agents très spéciaux, entre 1964 et 1968 ; Mannix entre 1967 et 1975 ; Starsky et Hutch, de 1975 à 1979. Et peut-être la plus célèbre d'entre toutes, Mission: Impossible, diffusée de 1966 à 1973, dont le thème musical, construit sur une structure rythmique marquante et syncopée à 5 temps (5/4), fait aujourd'hui partie de la mémoire collective. Au cours des années 1970, Lalo Schifrin enchaîne les compositions pour le grand écran, bandes originales faisant la part belle aux cuivres et aux percussions. Ses sonorités audacieuses mélangent avec bonheur les sources d'inspiration musicales. Il collabore à de nombreux films à succès : Magnum Force de Ted Post (1973), Duel dans le Pacifique de John Boorman (1968), THX - 1138 de George Lucas (1970). Pour Opération Dragon (Robert Clouse, 1973), première co-production américano-hongkongaise de l'histoire, il écrit une partition mêlant cymbalum, bouzouki, synthétiseur, mandolines et autres cordes, donnant au film une coloration orientale originale. Le compositeur est fidèle à certains réalisateurs, signant les musiques de plusieurs films de Stuart Rosenberg, comme Le Voyage des damnés en 1975 ou Amityville, la maison du diable en 1979. Il réalise les bandes originales de cinq films de Don Siegel, en particulier celle, fameuse, d'Inspecteur Harry (1971), avec Clint Eastwood en tête d'affiche. Il y aura malgré tout quelques rendez-vous manqués, avec William Friedkin en particulier, qui refuse avec fracas la partition que le musicien a composé pour L'Exorciste en 1972. Lalo Schifrin continue dans les années 1980 à composer régulièrement, pour le cinéma et la télévision, des musiques efficaces et percutantes, sans retrouver cependant les prodigieux succès des décennies précédentes. Il renoue avec les aventures d'Harry Callahan, le célèbre flic de San Francisco aux méthodes expéditives incarné par Clint Eastwood avec Le Retour de l'inspecteur Harry, réalisé par l'acteur en 1983. Il écrira la musique de quatre des cinq épisodes de la saga. À partir de 1988, Schifrin s'éloigne un peu du cinéma pour se trouver vers d'autres horizons. Il compose, dirige des orchestres symphoniques prestigieux dans le monde entier, écrit des arrangements pour des spectacles de musique classique ou lyrique. Il reviendra au cinéma pour le film de Carlos Saura, Tango, en 1997, qui lui permet de renouer avec ses racines argentines. En 1998, il revient en force avec la bande originale d'un nouveau très gros succès au box-office, Rush Hour, de Brett Ratner, avec l'acteur Jackie Chan. Ses partitions où se rencontrent jazz, rythmes latins et écriture symphonique, seront de nouveau à l’honneur pour Rush Hour 2 (2000) et Rush Hour 3 (2006), prolongeant le succès du premier volet. Dans ces années 2000, il revient également vers le polar et le film d’action avec des musiques pour Coup d’éclat (B. Ratner, 2003) ou encore Abominable (Ryan Schifrin, 2005), où ses orchestrations tendues et percussives rappellent ses grandes heures de suspense. Toujours curieux des nouveaux formats, il travaille aussi à la relecture de certains de ses thèmes les plus célèbres pour le cinéma, que d’autres réalisateurs réemploient ou citent, prolongeant la présence de son univers sonore dans des productions contemporaines. À partir des années 2010, tout en se faisant plus rare sur les génériques, Schifrin voit ses partitions régulièrement rééditées, remastérisées et célébrées dans des documentaires et hommages, qui consacrent l’empreinte singulière de son métissage musical sur l’histoire de la musique de film jusqu’au début du XXIᵉ siècle.
Autres activités :
Lalo Schifrin a été directeur du Glendale Symphony Orchestra de Californie de 1989 à 1995. Il se produit régulièrement en concert et enregistre depuis 1992 une collection d'albums intitulée Jazz meets the Symphony . Entre autres morceaux classiques célèbres, il compose son Concerto pour piano n°2 , dont la première est interprétée par le Symphony Orchestra de Washington en juin 1992, sous la direction de Mstislav Rostropovitch. Il a reçu quatre Grammy Awards et a été nommé six fois aux Oscars.Lalo Schifrin continue de composer ponctuellement pour le cinéma, tout en menant une impressionnante carrière musicale. Capable de passer facilement d'un genre musical à un autre, il est souvent sollicité pour écrire les musiques de grands événements sportifs et culturels. En 1990, pour la cérémonie de clôture de la Coupe du monde de football en Italie. Le 8 décembre 1995, il dirige à l'Opéra de Marseille un orchestre symphonique accompagnant les chanteuses Julia Migenes et Dee Dee Bridgewater dans le cadre du centenaire de l'invention du cinéma. L'identité très forte de ses musiques de film leur vaut d'être souvent "samplées" par des artistes de Hip-Hop.