Michel Piccoli

Personnalité

Interprète, réalisateur, producteur... : années 1940-2010

Nationalité :  France

Naissance :  27/12/1925 - France - Paris, Seine

Décès :  12/05/2020 - France - Saint-Philbert-sur-Risle, Eure

Identité

Genre : homme

État civil :

  • Michel Jacques Daniel Piccoli

Fonctions : Réalisateur, Acteur, Voix (doublage), Intervenant, Scénariste, Dialoguiste, Producteur, Voix (commentaire), Auteur, Auteur primaire, Auteur secondaire, Annotateur

Biographie

Formation :

Fils de musiciens - sa mère est pianiste et son père violoniste - Michel Piccoli découvre sa vocation d'acteur en prenant part à des représentations dans le cadre du collège. Il suit des cours d'art dramatique pendant une année avant d'entrer dans la troupe de Jean-Louis Barrault et Madeleine Renaud. Il fait une brève apparition en 1944 dans Sortilèges de Christian-Jaque.

Carrière :

Avec plus de 200 films et téléfilms à son actif, des collaborations avec les plus grands cinéastes, une exigence de jeu et une curiosité jamais démenties, Michel Piccoli est sans conteste un des monstres sacrés du cinéma français. Michel Piccoli fait ses véritables débuts à l'écran dans Le Point du jour (1948) de Louis Daquin. Il enchaîne ensuite les rôles secondaires dans des films policiers et dans des comédies qui n'ont guère laissé de traces, apparaissant toutefois dans French Cancan (Jean Renoir, 1954), Les Grandes manoeuvres (René Clair, 1956), Le Doulos (Jean-Pierre Melville, 1962) ou Le Jour et l'Heure (René Clément, 1963). Cette période est aussi marquée par sa rencontre avec Luis Buñuel qui l'engage pour tenir le rôle du prêtre pris dans la tourmente tropicale de La Mort en ce jardin , 1956). Il devient l'un des acteurs fétiches du cinéaste espagnol auquel le lie une grande complicité, et joue dans Le Journal d'une femme de chambre (1963), Belle de Jour (1966), La Voie lactée (1969), Le Charme discret de la bourgeoisie (1972) et Le Fantôme de la liberté (1974). C'est toutefois une autre rencontre qui offre alors à Piccoli la reconnaissance : celle de Jean-Luc Godard qui lui confie le rôle de Paul Javal, le scénariste marié à Brigitte Bardot dans Le Mépris (1963). Le film marque un véritable tournant dans sa carrière : il devient un acteur de premier plan, qui peut désormais se montrer exigeant dans ses choix de rôles. Apprécié des metteurs en scène qui trouvent en lui à la fois un cynique, un timide, un tendre, un séducteur et un excentrique, il a le don d'être à sa place partout, son parler juste lui conférant une parfaite légitimité dans chacun de ses rôles. En France, il tourne notamment pour les compagnons de route de la Nouvelle Vague comme Agnès Varda (l'écrivain des Créatures , 1965), Alain Resnais (il apparaît dans La Guerre est finie , 1966), Jacques Demy (le Simon Dame des Demoiselles de Rochefort , 1966). Il travaille aussi en Allemagne, en Italie ou même sous la direction d'Alfred Hitchcock (L'Etau , 1968), il se construit avec les plus grands une filmographie foisonnante et impressionnante par sa variété. Il brille en libertin dans Benjamin ou les mémoires d'un puceau (1968) de Michel Deville (cinéaste qui l'emploiera à nouveau pour La Femme en bleu , 1973 ; Péril en la demeure , 1984 et Le Paltoquet , 1986), tourne à deux reprises pour Claude Chabrol (La Décade prodigieuse , 1971 ; et surtout Les Noces rouges , 1972) et devient un familier du cinéma de Claude Sautet : il joue ainsi l'architecte victime d'un accident de la route des Choses de la vie (1969), le policier tourmenté de Max et les ferrailleurs (1971), François, le médecin de Vincent, François, Paul et les autres (1974), le bourgeois de Mado (1976) mais est aussi la voix du narrateur de César et Rosalie (1972). Alain Cavalier, Philippe de Broca, Jacques Rouffio, Etienne Périer, Yves Boisset, Francis Girod... font eux aussi appel à sa présence et à sa capacité à tenir tous les emplois tout en confirmant son image de séducteur en le jetant à leur tour dans les bras des plus belles comédiennes : il est ainsi le partenaire au fil des rôles de Catherine Deneuve, Romy Schneider, Marlène Jobert, Lea Massari, Stéphane Audran, Michèle Morgan, Marina Vlady, Claudia Cardinale... Michel Piccoli sait aussi mettre sa notoriété au service de réalisateurs plus grinçants, et rejoint à partir de Dillinger est mort (1969) l'univers dérangeant de Marco Ferreri, avec lequel il tourne à neuf reprises jusqu'à Y'a bon les Blancs (1987). Il est notamment l'un des protagonistes du scandale provoqué par La Grande Bouffe (1973) et son suicide collectif par la nourriture. L'acteur y détruit délibérément son image élégante au profit de la provocation et n'hésite pas à investir lui-même dans des films pour promouvoir un certain cinéma, libre et engagé. Il confie volontiers qu'il refuse de se plier aux lois médiatiques et aime aller au bout de ses délires. Le début des années 80 le consacre avec deux prix d'interprétation prestigieux, à Cannes pour son rôle de juge fomentant la mort de sa soeur dans Le Saut dans le vide (Marco Bellocchio, 1980), et à Berlin pour le mystérieux homme d'affaires de Une étrange affaire (Pierre Granier-Deferre, 1982). Il retrouve Godard (Passion , 1981) et Demy (Une chambre en ville ) et, tout en continuant à tourner des films grand public tels La Passante du Sans-souci (Jacques Rouffio, 1982) ou Le Prix du danger (Yves Boisset, 1983), il continue à apporter sa caution dans des oeuvres exigeantes et innovantes. Il joue ainsi à deux reprises pour Jacques Doillon (La Fille prodigue , 1981 ; La Puritaine , 1986) et est l'un des protagonistes centraux du Mauvais sang (1986) de Leos Carax. Youssef Chahine lui fait endosser l'uniforme du général Caffarelli durant la campagne d'Egypte dans Adieu Bonaparte (1986) tandis que Nico Papatakis le transforme en double de Jean Genet dans Les Equilibristes (1992). Michel Piccoli s'oriente peu à peu vers des personnages plus mélancoliques, rattrapés par le temps, comme le peintre célèbre de La Belle Noiseuse (1990) de Jacques Rivette, le psychanalyste freudien de Généalogies d'un crime (Raoul Ruiz, 1997) ou le comédien du nostalgique de Je rentre à la maison de Manoel de Oliveira (2000). Véritable monstre sacré, il incarne, clin d'oeil espiègle et perspicace, le Monsieur Cinéma des Cent et une nuits d'Agnès Varda (1994) - tourné pour le centenaire du septième art - et apparaît dans son propre rôle à plusieurs reprises, dans Les Acteurs (Bertrand Blier, 200

Autres activités :

A ses débuts, Michel Piccoli est administrateur du théâtre de Babylone durant deux années. Il mène de front une carrière prolifique au théâtre, montant sur les planches pour plus de cinquante pièces. Il joue tour à tour dans Antigone , Phèdre , Richard III , jongle entre Shakespeare, Tchekhov, Koltès, Duras, Guitry et Thomas Bernhard sous la direction des metteurs en scène les plus réputés : Patrice Chéreau, Peter Brook, Luc Bondy, Klaus Michaël Gruber, André Engel... Il interprète également de nombreux longs métrages pour la télévision, dont le Don Juan de Marcel Bluwal en 1965 et deux adaptations de Stefan Zweig : La Confusion des sentiments (Etienne Périer, 1981) et La Ruelle au clair de lune (Edouard Molinaro, 1988). Michel Piccoli est le président de Films 66, sa propre société de production. Il est l'auteur de l'ouvrage Dialogues égoïstes , paru en 1976.

Filmographie

Longs métrages

Acteur

Producteur

Intervenant

Voix (doublage)

Bibliographie éditoriale

  • Ouvrage : Dialogues égoistes / Michel Piccoli.- Paris : O. Orban, 1976
  • Ouvrage : Michel Piccoli le provocateur / Robert Chazal.- Paris : France-Empire, 1989
  • Ouvrage : Piccoli grandeur nature / Jacques Zimmer. - Paris : Nouveau Monde, 2008
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 325, juin 1981
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 390, décembre 1986
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 437 Supplément, novembre 1990
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 515, juillet-août 1997
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 558, juin 2001
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 587, février 2004
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 607, décembre 2005
  • Périodique : Cinéma Français (english), n° 22, juillet 1978
  • Périodique : Cinéma, n° 147, juin 1970
  • Périodique : Cinématographe, n° 124, novembre 1986
  • Périodique : Cinématographe, n° 13, mai 1975
  • Périodique : Cinématographe, n° 92, septembre 1983
  • Périodique : Ciné-Revue, n° 19, mai 1980
  • Périodique : Ciné-Revue, n° 51, décembre 1979
  • Périodique : Ecran, n° 34, mars 1975
  • Périodique : Image et Son, n° 226, mars 1969
  • Périodique : Positif, n° 371, janvier 1992
  • Périodique : Positif, n° 400, juin 1994
  • Périodique : Première, n° 117, décembre 1986
  • Périodique : Première, n° 151, octobre 1989
  • Périodique : Première, n° 155, février 1990
  • Périodique : Première, n° 215, février 1995
  • Périodique : Première, n° 40, juin 1980
  • Périodique : Revue du Cinéma (La) / Image et Son, n° 474, septembre 1991
  • Périodique : Stars, n° 38, juillet 2000
  • Site Internet : Portrait, citations, filmographie...

Récompenses et nominations

  • 2012 - Meilleure interprétation masculine - David Di Donatello Awards - Habemus papam - Obtenu
  • 2011 - Prix Honorifique Spécial - EFA - European Film Awards - Obtenu
  • 2007 - Meilleure interprétation masculine - Festival International du Film (Locarno) - Les Toits de Paris - Obtenu
  • 1997 - Meilleure interprétation masculine - Festival International du Film (Shanghai) - Compagna di viaggio - Obtenu
  • 1988 - Meilleure interprétation masculine - Deutscher Filmpreis (Berlin) - Das weite Land - Obtenu
  • 1982 - Meilleure interprétation masculine - Internationale Filmfestspiele (Berlin) - Une étrange affaire - Obtenu
  • 1980 - Prix d'interprétation masculine - Festival International du Film (Cannes) - Salto nel vuoto - Obtenu
  • 1973 - Meilleure interprétation masculine - Festival International du Film Fantastique (Avoriaz) - Themroc - Obtenu

Liens familiaux

Marié(e) à :

Collections liées