Philippe Sarde
Personnalité
Compositeur, interprète : années 1960-2020
Nationalité : France
Naissance : 21/06/1948 - France - Neuilly-sur-Seine, Seine
Identité
Genre : homme
État civil :
- Philippe Albert Sarde
Fonctions : Acteur, Compositeur de la musique originale, Compositeur des chansons originales, Parolier des chansons originales, Adaptation musicale, Compositeur des chansons préexistantes
Biographie
Formation :
Né dans une famille de musiciens, Philippe Sarde entre très jeune au Conservatoire de Paris où il apprend l'harmonie, le contrepoint et la fugue. Également passionné de cinéma, il essaie de concilier les deux arts en sonorisant des films muets. À partir de 18 ans, il compose quelques pièces qui passent inaperçues, et des musiques de courts métrages.Carrière :
Philippe Sarde, monument de la musique de film française, est l’architecte invisible de plus de deux cents bandes originales, alliant la virtuosité mélodique à une capacité rare à épouser chaque univers cinématographique. Nommé aux Oscars pour Tess de Roman Polanski, douze fois en lice pour le César, il a marqué l’histoire du cinéma par sa collaboration avec les plus grands réalisateurs, de Claude Sautet à Bertrand Tavernier, en passant par Jean-Jacques Annaud et André Téchiné.
La carrière de Philippe Sarde se décompose clairement en deux périodes, l'une de 1969 à 1982 est la plus créatrice et la plus prolifique, la seconde s'étend du milieu des années 80 jusqu'à aujourd'hui. Philippe Sarde va produire énormément, s'illustrant dans des genres complètement différents, écrivant aussi bien pour le cinéma d'auteur que dans des films à grands spectacles. Capable d'un panel complet de styles et de techniques, très grand mélodiste, il jongle avec le néo-baroque, le néo-classicisme, le jazz, la pop, le folklore, le symphonisme grand spectacle, la musique concertante ou l'expérimentation atonale. C'est Claude Sautet, en 1969, qui lui donne l'occasion de composer la musique de son premier long métrage : il lui confie le projet musical de son film Les Choses de la vie. Le film est un triomphe, et la bande originale immédiatement reconnaissable (dont " La chanson d'Hélène "), lance la carrière de Philippe Sarde qui devient le compositeur attitré de Sautet. Une collaboration fidèle s'installe entre eux, Sarde écrit les musiques de Max et les ferrailleurs (1970), César et Rosalie (1972), Vincent, François, Paul et les autres (1974), Mado (1976), Une histoire simple (1978). Philippe Sarde s'attire la confiance et la collaboration d'autres très grands réalisateurs. Il va travailler avec Pierre Granier-Deferre (Le Chat 1970, Le Fils 1972, Le Train 1973, L'Etoile du nord 1981, Le Petit garçon 1983) ; avec Marco Ferreri (Liza 1971, Touche pas à la femme blanche 1973, Rêve de singe 1977, Contes de la folie ordinaire 1981). Il signe aussi des musiques pour Pierre Schoenderffer (Le Crabe-Tambour 1977) ; pour Roman Polanski (Le Locataire 1975), Robert Bresson, Bertrand Blier, Jacques Rouffio ou Georges Lautner (Mort d'un pourri 1977, Flic ou voyou 1978, Le Guignolo 1979). Bertrand Tavernier lui permet d'être nommé en 1976 pour le César de la meilleure musique pour Le Juge et l'assassin (1975). La carrière de Philippe Sarde est à son sommet en 1981, où il n’écrit pas moins de onze bandes originales, dont la grandiose Guerre du feu de Jean-Jacques Annaud.
L'année 1982 marque un tournant pour Philippe Sarde, et l'on parle alors de sa " deuxième période " de création, qui correspond à un tournant du cinéma français. De nouveaux réalisateurs s'adressent à lui, et font évoluer son style. Il continue certes à beaucoup écrire pour Sautet (Nelly et Monsieur Arnaud 1994), Lautner (Room service 1991), ou Tavernier (L 627 1991, La Fille de D'Artagnan 1993, La Princesse de Montpensier 2009, Quai d’Orsay 2012). Mais il engage de nouvelles collaborations avec la jeune génération comme Téchiné (dont Ma saison préférée 1992, Les Voleurs 1995, Les Témoins 2006, La Fille du RER 2008), ou Jacques Doillon (La Pirate 1984, Ponette 1995, Raja 2002, Mariage à trois 2009, Rodin 2016). Sarde travaille également pour Laurent Heynemann, Alexandre Arcady, Bruno Podalydès, Nadine Trintignant ou Philippe de Broca. Au tournant des années 2010, Philippe Sarde collabore avec une nouvelle génération de réalisateurs. En 2014, il signe la bande originale des Deux amis de Louis Garrel, un film intimiste où sa partition discrète mais percutante renforce l’émotion des dialogues. Plus récemment, en 2023, il compose pour Borgo de Stéphane Demoustier, un drame où il déploie une palette à la fois onirique et inquiétante, prouvant que son art n’a rien perdu de sa modernité. Enfin, en 2025, il retrouve Diane Kurys (La Beaule-Les Pins 1989) avec Moi qui t’aimais (Diane Kurys), sur le couple mythique Montand/Signoret. Mais force est de reconnaître que la nouvelle génération fait moins appel à Philippe Sarde. C'est aussi que le compositeur ne se retrouve pas dans les nouvelles productions ; il dira amèrement : " Pour moi, le cinéma français c'est fini... ". Homme discret, à partir de 1995, il ne compose plus qu’une ou deux bandes originales par an. Son exigence vient aussi du fait qu'il est un immense cinéphile, qui se met entièrement au service de la vision cinématographique du réalisateur pour pénétrer son univers. Pour lui la musique n'est pas un support mais un complément qui ne fait qu'un avec le film ; il dira : " Devenir compositeur pour le cinéma exige avant tout d'avoir envie de faire du cinéma et pour cela, de le connaître de fond en comble. Une musique même très belle ne doit pas être un ornement inutile. "